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N°69 - MARS - AVRIL 2008 |
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Vetyver - Lanvin. Equistrius - Parfum d’Empire. Habit rouge - Guerlin Pour un homme - Caron |
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Recherche parfum désespérément
Si l’industrie du parfum a élargi sa palette olfactive masculine, c’est au détriment des jus chics et toniques. À la manière de des esseintes, Raphaël est parti en quête de ces senteurs d’antan, du cuir, du cèdre et de la lavande, qui lui rappellent toute son enfance.
À 51 ans, Raphaël restait un jeune homme. Sur son visage, quelques rides témoignaient de trente ans d’excès en tout genre. Mais l’éternel célibataire gardait cette allure élancée de dandy anglais qui faisait tout son charme.Surtout, il n’avait jamais atteint l’âge de raison, le vrai. Celui qu’on attrape vers 45 ans, quand on se retourne sur son passé pour mieux se projeter dans l’avenir. Cet oisif passait son temps à lire, rencontrer des amis, faire du sport. Il aimait partir en voyage, s’attabler au restaurant, ou tout simplement flâner dans Paris en quête de rencontres et de souvenirs.
Car il vivait beaucoup dans les souvenirs. Ces derniers temps, cette passion confinait à la nostalgie. Elle s’était même transformée en obsession passéiste quand Raphaël s’était aperçu que certains parfums lui manquaient cruel-lement. Tout avait commencé par une balade en voiture avec son ami Ernest, un jeune écrivain propriétaire d’une Jensen Interceptor. C’était au printemps, la pluie venait de s’arrêter. Cela sentait le sous-bois, l’huile chaude, le tabac blond, les herbes fraîchement coupées, le cuir. Ces effluves le ramenaient quarante ans en arrière, quand il déposait un baiser sur la joue fraîchement rasée de son papa le conduisant à l’école.
Une époque évaporée
Dès cet instant, il se mit en tête de retrouver ces senteurs. Comment y parvenir ? Difficile de faire renaître toute une époque disparue. Une civilisation où le bois, le cuir, le tabac et la riche laine d’Écosse peuplaient l’univers masculin. Ces odeurs avaient bel et bien disparu. Et les fragrances pour hommes avaient elles aussi changé. Où étaient passées ces notes fringantes de cédrat, de menthe et de lavande, de mousses et d’armoise ? Pour en avoir le cœur net, Raphaël interrogea son père lors d’un déjeuner au Relais Plaza. « De mon temps, lui dit le patriarche, les hommes ne parlaient pas des parfums. Ce n’était pas un sujet de conversation pour gentlemen. Seuls quelques dandys précieux s’amusaient à répandre un sillage.
Lire la suite dans MONSIEUR n°69 (en kiosque actuellement).
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