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écrit le 27 octobre 2019
modifié le 14 octobre 2019

130 ans de rayures et de savoir-faire

Nouveau logo, nouvelles collaborations, Saint James n'a de cesse de se réinventer. Authentique et intemporelle, la griffe normande tisse sa toile de par le monde et crée des liens indéfectibles avec des générations d’adeptes. Retour sur une success-story à la française.

Les 300 collaborateurs des ateliers Saint James se sont rassemblés au Mont-Saint-Michel pour célébrer les 130 ans d'un savoir-faire mais aussi d'une aventure humaine. L'occasion de dévoiler la nouvelle identité graphique de la marque.


Les 300 collaborateurs des ateliers Saint James se sont rassemblés au Mont-Saint-Michel pour célébrer les 130 ans d'un savoir-faire mais aussi d'une aventure humaine. L'occasion de dévoiler la nouvelle identité graphique de la marque.

Une déferlante de symboles. C’est avec 300 de ses collaborateurs, au Mont- Saint-Michel, que Saint James vient de souffler ses bougies. Un « annimersaire » aux côtés des femmes et des hommes qui participent depuis 130 ans au rayonnement d’une maison humaine et authentique.

Dans une mise en scène émouvante, couturières, bonnetiers et raccoutreuses ont traversé la baie sur sept kilomètres pour rejoindre l’abbaye millénaire, arborant une collection de pulls, bonnets et marinières créés pour l’occasion.

Un logo « 130 ans » cousu sur le coeur, évidemment. Parlant de logo, au cours de leur traversée à marée basse, les salariés de la griffe normande ont dévoilé – en dépliant sur le sable un immense drapeau – sa nouvelle identité visuelle, qui fait la part belle aux rayures et au Mont-Saint-Michel auquel son histoire est intimement liée. Le slogan, lui, reste inchangé : « Né de la mer ». Car, au-delà des hommes, c’est elle qui a enfanté Saint James.

Au XIXe siècle, Saint-James est une cité drapière où les ovins paissent face à la majestueuse abbaye. Léon Legallais, enfant du pays, y installe sa manufacture en 1850. Il y file les pelotes issues des moutons de la baie et commence à tricoter des chemises pour marins.

Ce n’est que plus tard qu’il renomme sa filature du nom de la commune où elle est installée (et dont il est maire) : Saint James.

Manteau Saint-Bruno en drap de laine, pull Armen en laine vierge, écharpe en coton, Jean David II. © Aurele Lavalle

DE LA TEMPÊTE À LA MODE

Le premier chandail en sort en 1889, un habit de tempête inusable, ancêtre du pull marin. Sa maille est tellement serrée qu’elle rend le vêtement imperméable : les pêcheurs de l’Atlantique, soumis à des conditions extrêmes lors de leurs longues campagnes au large, se l’approprient. Mais comment un vêtement de travail pour marins est-il devenu à la mode ? Les années d’après-guerre voient souffler un vent de liberté ; avec les congés payés, les Français découvrent vacances, bords de mer, plaisance, pulls marins et marinières.

Saint James fait un tabac avec ses modèles ultra qualitatifs – des matières premières irréprochables telles la pure laine vierge, des dizaines d’étapes de fabrication, des coupes et des finitions parfaites. En même temps, se développe le style marin « casual chic ». Quant à la marinière, elle est adoubée par les maîtres de la haute-couture, de Coco Chanel à Jean-Paul Gaultier en passant par Yves Saint Laurent.

Cabans, chemises, vestes, bonnets, pantalons… Saint James invente tout un vestiaire animé de l’esprit des embruns. Ses pièces quittent les bords de mer et se retrouvent sur les épaules des urbains pointus à travers le monde (40 % de sa production est exportée) et des jeunes générations en quête de durabilité et d’authenticité, en réaction au consumérisme forcené.

Sous l’impulsion de Luc Lesénécal, son président depuis 2012, la maison multiplie les collaborations avec d’autres marques : le Slip Français – une romance entre « frenchies » qui dure depuis cinq ans –, Faguo, The Woolmark Company, Citroën, Sami Nouri, Natalys, Claudie Pierlot, bientôt Pyrenex, la marque landaise de doudounes.

ORELSAN ET L’ÉLYSÉE

Cet été, Saint James s’est associé à Air France. Une collab entre ciel et mer déclinée sur une marinière aux couleurs de la compagnie aérienne. En septembre, le featuring est pour le moins inattendu : avec le rappeur Orelsan. Ce dernier, qui a grandi en Normandie, arbore de longue date les bonnets tricotés Saint James.

La marque a même imaginé des pièces pour l’Élysée dont une hilarante marinière enfant, baptisée « Poudre de perlimpinpin » en vente sur le site du palais. Logique de se rapprocher d’un monument national lorsqu’on est une marque labellisée Entreprise du Patrimoine Vivant et que l’on produit toujours en France… De quoi être fière comme le Mont-Saint-Michel.


EN CHIFFRES

1889 voit naître Saint James dans la petite commune normande du même nom.

21 rayures blanches (et 20 rayures bleues) ornent une marinière, le fruit d’une ordonnance militaire de 1858, référence au nombre de victoires napoléoniennes.

350 généreux moutons sont nécessaires aux besoins quotidiens en laine de la maison.

1,2 million de pièces sont commercialisées chaque année de par le monde.

104 fleurs de coton sont requises pour réaliser une marinière.

700 000 kilomètres de fil, soit un aller-retour de la Terre à la Lune, sont tricotés chaque mois dans la manufacture.

2014 l’année de la reconnaissance de la marque en tant qu’EPV (Entreprise du Patrimoine Vivant).

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Article par Romane Sinibaldi
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