écrit le 6 décembre 2015
modifié le 25 juin 2018

Pierre Corthay a su montrer que les souliers et le sur-mesure pouvaient être fun et décomplexés

Depuis plus de 25 ans, Pierre Corthay perpétue la tradition bottier avec des couleurs vives et du twist. Un succès qui s’est construit pas à pas.

Pierre Corthay a su rendre le soulier « sympathique ».


Pierre Corthay a su rendre le soulier « sympathique ».

Il a 28 ans lorsqu’il s’installe, seul, rue Volney dans un atelier aussi grand qu’une boîte de souliers. Aujourd’hui, Pierre Corthay en a 25 de plus. S’il est toujours rue Volney (mais dans une bonne partie de l’immeuble désormais) et qu’il confectionne encore quelques prototypes « de temps en temps », lui et son associé, Xavier de Royère, possèdent 7 boutiques entre Londres, Johanesbourg et Pékin ainsi que de nombreux points de vente aux quatre coins du globe.

Un style libre et rock

Si le nom « Corthay » reste confidentiel, il s’est imposé dans l’artisanat de luxe et l’élégance masculine comme une référence qui fait briller les yeux de tous les amoureux de souliers. De beaux souliers mais qui ne se prennent pas au sérieux. Ils savent jouer la versatilité, tantôt sages, tantôt impertinents. Toujours twistés. Le style est à l’image de l’esprit de Pierre, libre et rock.

Ce n’est pas anodin si les deux autres passions qu’il exerce (aussi) avec talent sont la peinture et la musique, le blues à la Ry Cooder. Entre les couleurs et les slides de guitare, Pierre Corthay a préféré s’exprimer à travers le cuir. Surtout, il a montrer que les souliers et le sur-mesure pouvaient être fun et décomplexés. C’est par là, le bespoke, que tout a commencé en 1990. Trois ans plus tard, Suzy Menkes, la grande prêtresse mode du Herald Tribune craque, déjà, pour ses créations.

Bientôt, en super-héros avec la BD Super Corthay

Super Corthay

Tout comme le Sultan de Brunei qui lui commande 140 paires. Toutes à la semelle gravée de l’étoile fétiche du bottier. Le business est lancé. Plus tard, c’est un riche client américain, accro au confort de ses souliers, qui lui demande 60 paires pour les membres du club privé de son golf de Long Island. En parallèle, le Japon veut sa boutique Corthay. Le premier tournant s’impose alors, en 2003, avec le lancement du prêt-à-porter et celui d’une manufacture à Neuilly-Plaisance. C’est aussi l’ouverture de la première boutique à l’étranger. Au japon. « Le pays, le plus expert, affirme Pierre. C’est le marché qui nous a fait le plus progresser. Notre première commande a été refusée. » 200 paires, ça force l’attention sur le moindre détail. Tout n’est pas si rose.

Mais, second tournant, en 2010, avec l’arrivée (d’une autre bonne étoile) Xavier de Royère (ex-LVMH). Corthay part à la conquête du monde, tout en mettant un point d’honneur à laisser sa production en France. Depuis un an, la manufacture s’est installée à Beaupréau. Entre 4 500 et 5 000 paires en sortent chaque année. C’est peu et beaucoup à la fois. Seuls 25 artisans y perpétuent le savoir-faire bottier. « Notre richesse, c’est les hommes, pas les machines », insiste Pierre. « Tout ce que vous voyez, c’est nous qui le faisons », ajoute-il plein de fierté. Et ce n’est pas fini : bientôt une seconde collection de maroquinerie et une BD avec… Super Corthay. Décidément, c’est un super bottier !


1, rue Volney, paris II.

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Article parHélène Claudel
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