Style > Sur-mesure
écrit le 30 janvier 2020
modifié le 10 mars 2020

Cifonelli à Savile Row

Né à Rome et implanté à Paris, le tailleur vient d’ouvrir une boutique dans le grand quartier du bespoke anglais. Une « résidence » présentant tout son univers, du sur-mesure au prêt-à-porter de plus en plus « sport ».

Lorenzo et Massimo Cifonelli sont fiers de l’accueil que Savile Row a réservé à leur travail et à leur nouvelle boutique. ©Cifonelli


Lorenzo et Massimo Cifonelli sont fiers de l’accueil que Savile Row a réservé à leur travail et à leur nouvelle boutique. ©Cifonelli

«Chi va piano, va sano*. » En 2014, Cifonelli se lançait dans le prêt-à-porter avec sa propre usine installée à Soragna en Italie et drivée par la star du métier, Alberto Caruso. Quelques collections et une boutique rue du faubourg Saint-Honoré plus tard, voilà que le tailleur né à Rome en 1880 et implanté à Paris en 1926, plante désormais aussi ses aiguilles à Londres.

« NOUS ÉTIONS À LONDRES QUASIMENT TOUTES LES SEMAINES »

« The Cifonelli Residence » – première boutique à l’étranger – vient d’ouvrir ses portes à deux pas de Savile Row, sur Clifford Street, tout près des grands tailleurs anglais mais aussi des Chopard, Loro Piana et Cie. Les deux cousins, quatrièmes du nom, Lorenzo et Massimo Cifonelli, sont ravis.

©Cifonelli

« Anderson & Sheppard nous ont même dit qu’ils nous attendaient », racontent-ils fiers de cette reconnaissance « savilerowienne ».

« C’est la suite logique à notre développement, assure Massimo. Nous étions à Londres quasiment toutes les semaines ».

Le duo recevait au Mark’s une clientèle constituait autant d’émirs qui raflent 10 costumes en une seule commande que de locaux éduqués à Henry Poole, Hunstman ou encore Gieves & Hawke mais en quête de modernité et de coupes plus près du corps.

Désormais, ils pourront pousser la porte du bel hôtel particulier au style grégorien des Cifonelli pour trouver cette complémentarité stylistique.

Ils trouveront même plus : toute l’offre de la maison sur 350 m2. Au rez-de-chaussée, sous la verrière, tous les accessoires, des chaussures à la maroquinerie, et, plus loin, le prêt-à-porter orienté très casual.

C’est ici que trône l’emblématique cardigan croisé en jersey et cachemire mais aussi l’ensemble de la collection « sport tailoring », de plus en plus développée par la maison.

TOUT EN INCHES

Veste prince-de-galles avec traitement Storm System, doudoune en flanelle avec gilet amovible, pantalons multipoches façon cargo pants… pour résumer, du sportswear avec une approche sartoriale, Cifonelli s’inspirant de ses créations grande mesure pour réaliser son prêt-à-porter. Logique. Qui peut le plus peut le moins.

Ainsi, les sublimes vestes sport couture, qui ont contribué à donner cette image moderne du tailleur, se voient, en partie, déclinées en prêt-à-porter. Demandez la Travel Jacket, la Piemont ou la 1936. Sprezzatura assurée. L’entresol est dédié au bespoke, précisément à la demi-mesure et à la grande mesure, « la couture », on dit chez Cifonelli. Les vestes et costumes seront réalisés à Paris, rue Marbeuf.

Comme à leur habitude, les deux tailleurs assisteront à tous les essayages. Pas de dépaysement, ni de problème de conversion puisqu’ils coupent déjà et depuis toujours en « inches ». « Notre grand-père était diplômé de la Minister’s Cutting Academy, il nous a tout appris à partir de cette technique », explique Massimo. Structure à l’anglaise donc, style italien et finitions à la française… Du sur-mesure au prêt-à-porter, le mélange est riche. Le style devrait plaire aux Anglais et plus particulièrement aux aficionados de Savile Row où le tailoring reste assez traditionnel.

Et après ? « La prochaine étape sera New York, où nous avons également de nombreux clients et une légitimité. Nous y sommes au minimum 4 à 5 fois par an », affirme Massimo. Une place stratégique qui couvrira tout le pays. Quand ? « Le temps de trouver le bon endroit. » Après avoir traversé la Manche, bientôt l’Atlantique. S’ils vont doucement, les Cifonelli tissent leur toile sûrement.

©Cifonelli

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Article par Hélène Claudel
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