écrit le 10 mars 2016
modifié le 9 juillet 2018

Comment Paula Gerbase modernise John Lobb

Depuis deux ans, le très traditionnel john lobb s’est doté d’une jeune directrice artistique, styliste dans le prêt-à-porter.

Paula Gerbase


Paula Gerbase

Depuis deux ans, le très traditionnel john lobb s’est doté d’une jeune directrice artistique, styliste dans le prêt-à-porter.

Quel effet ça fait d’être aux pieds des hommes ?
(rires). Cela a été assez normal pour moi. J’ai fait tout mon apprentissage à Savile Row. Pendant mes études à Central Saint Martins, personne ne s’intéressait au tombé d’une veste, à un entoilage. Moi, je cherchais la liberté que la technique me donnerait. D’abord chez Hardy Amies puis Kilgour, situé au numéro 8. J’y suis restée près de 6 ans avant de lancer ma propre maison 1205. Lorsque John Lobb m’a approché, tout de suite, j’ai ressenti la même atmosphère qu’à Savile Row, ces valeurs communes, la qualité, le respect de la technique. C’était naturel pour moi, je me sentais très à l’aise dans l’atelier. J’aime travailler avec les artisans. Je n’ai jamais voulu être un designer avec mon nom en grand. C’est le dialogue avec une équipe qui m’intéresse. On fait beaucoup mieux ensemble que seul.

Vous avez commencé votre collaboration en lançant une paire de sneaker. C’est un peu osé pour un bottier traditionnel, non ?
Peut-être. Je pensais trouver une maison très classique mais en me plongeant dans les archives, j’ai trouvé une maison qui était très avant-gardiste pour son époque. Il y avait beaucoup de chaussures de sport : des chaussures de marche, des tennis et ces bottes de ski en cuir rouge avec des lacets noirs. C’est cette idée de mouvement que j’ai voulu retranscrire pour nos clients qui eux aussi le sont, en mouvement.

Vous avez aussi supprimé la couleur jaune, une des signatures de la marque. Quelle a été votre approche ?
Cette couleur adoptée dans les années 90 ne faisait aucune référence à la longue histoire de la marque. Or, j’ai retrouvé une ancienne boîte de chaussures dans cette tonalité « russet » (lie de vin, NDLR), elle était avec un sticker, simple, très belle. C’est de la même couleur que la mousse des sous-bois du Dartmoor. Je vais souvent dans les Cornouailles (c’est là que le village natale de John Lobb se situe, NDLR), ça m’inspire pour les couleurs. C’est comme un monde oublié, une nature très primitive, le vent, la mer, la brume… la lumière change tout le temps. Ce sont les racines de la marque. Ma mission est de les trouver pour les mettre en avant.

Quelle est votre chaussure idéale ?
Une chaussure dont seul le propriétaire connaît les détails. J’aime cette idée d’intimité qu’un homme peut entretenir avec ses souliers. Ce moment où il les cire et où il voit toute leur complexité.

Vous avez aussi votre propre marque de vêtement au style androgyne, 1205. Quelle tenue recommandez-vous à un homme ?
Celle avec une qualité de coupe. Aussi, il faut qu’il y ait du fond au vêtement, une substance. Qu’il raconte
une vie. Un vieux pull peut-être merveilleux. Ce ne sont pas les vêtements les plus neufs qui sont les plus beaux.

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Propos recueillis par Hélène Claudel
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