écrit le 10 août 2017
modifié le 5 novembre 2017

Hom Nguyen : « Sans la chaussure, sans le cuir, je n’en serai pas là »

Réputé pour ses patines, Hom Nguyen est passé des souliers à la toile et à la peinture. Aujourd’hui, il est un artiste d’art contemporain qui a de plus en plus la cote.

Incroyable le destin. Surtout lorsqu’il est lumineux. Hom Nguyen a démarré cireur de chaussures à La Guardia, une boutique du VIe arrondissement à Paris. Aujourd’hui, à 43 ans, il est un artiste reconnu dont les toiles s’arrachent auprès des collectionneurs d’art contemporain parfois à des centaines de milliers d’euros.

Représenté par A2Z Art Gallery, il a exposé au Grand Palais, au Palais de Tokyo… à la fondation Montresso (Marrakech), à Art Central à Hong Kong… Entre les deux, il y a eu son travail sur la patine dont il était véritablement le petit prince. C’est d’ailleurs dans ce cadre que Monsieur l’avait interviewé en 2011 (n°88). « Sans la chaussure, sans le cuir, je n’en serai pas là », avoue aujourd’hui cet autodidacte conscient de la chance qu’il a de vivre de ce qu’il aime.

Sur les plus beaux souliers, dans son studio de 13 m2, il réalisait les dessins les plus fous pour le compte de passionnés ou de grandes marques de chaussures, tous reconnaissant son talent et surtout, son « petit truc » en plus. Un jour, il a switché. Un besoin de s’exprimer autrement. Sur une toile. Le succès est immédiat.

Il s’intéresse aux visages, notamment à celui de l’enfance. Il se raconte à travers eux, parle d’éxode, d’intégration, de ses origines vietnamiennes, de sa mère. C’est triste, joyeux, trendre, ça ne laisse jamais indifférent. Surtout, c’est la technique qu’utilise Hom qui donne toute la puissance à ses oeuvres. À la peinture à l’huile ou au bic, son crayonnisme offre deux regards, le sien et le nôtre, comme s’il y avait deux dimensions. Au vernissage de sa dernière exposition à la galerie A2Z (octobre 2017), des queues d’attente de 500 m s’étiraient sur la petite rue de l’Echaudé. Mais, pour lui, le talent n’est rien. Il faut « sortir ses tripes. On ne cherche pas une image. On cherche du fond, une histoire. »

 

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Article par Hélène Claudel
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