Style > Chaussures
écrit le 2 mars 2021
modifié le 2 mars 2021

Dimitri Gomez : Le bottier qui a du style

Si depuis 30 ans, dont 20 au sein de la boutique Crockett & Jones, il fabrique de magnifiques souliers, il est intarissable dès qu’il s’agit de vêtements vintage ou militaires. Rencontre.

Sur sa moto Zero Engineering. ©Dimitri Gomez


Sur sa moto Zero Engineering. ©Dimitri Gomez

LA PREMIÈRE CHOSE QUE VOUS REGARDEZ CHEZ UNE PERSONNE ?
Le look en général. Tout n’est que détails. Comment le costume est coupé, les finitions, ce que la silhouette raconte, la culture qu’il y a derrière. Je ne regarde jamais la qualité des souliers mais leur style et la façon dont ils sont entretenus. Inutile de préciser que de les avoir bien cirés est un minimum vital.

COMMENT DÉFINIR VOTRE STYLE ?
J’aime ce qui sort de l’ordinaire et que les autres n’ont pas. En 1975, j’avais un sac Louis Vuitton, un ami a acheté le même, je ne l’ai plus porté. S’habiller comme tout le monde, quelle tristesse ! C’est une des raisons pour lesquelles je me fournis à l’étranger, principalement au Japon.

Même plus jeune, j’avais ce besoin de me démarquer. À 16 ans, je roulais avec une vieille Vespa 125, plus tard une Coccinelle vert amande, aujourd’hui une Zero Engineering (moto japonaise au look vintage, la seule à cadre rigide homologué) ou une Méhari pour pouvoir fumer en conduisant.

À 20 ans, j’avais une montagne de chaussures, Weston en tête. Je coupais mes vestes pour en faire des spencers et recintrais mes pantalons de l’armée. En fait, la mode, on peut la créer soi-même.

VOTRE TENUE FAVORITE ?
Une de mes favorites : bombardier D1 de 44 (celui des mécaniciens au sol) avec un jean Samurai en toile selvedge de 19 oz et un ancien gilet de cheminot Brown’s Beach. Aux pieds, des chaussures de « worker », des Lone Wolf Boots.

J’aime aussi les deck jackets (vestes de pont), les blousons de mécanos Eastman ou les Buco jackets J-24L à col amovible. J’ai souvent les pièces en double ou en triple. Pour les accessoires, chaussures et casques de moto compris, c’est pareil, j’aime avoir le choix.

UN DÉTAIL ?
J’ai toujours un petit foulard. Généralement en tissu japonais. Si je ne le porte pas, c’est comme si je sortais sans montre, sans chaussettes ou sans ma pince à billets que j’ai toujours sur moi !

LES TENUES QU’ON NE VOUS VERRA JAMAIS PORTER ?
J’aime tout mais bien ciblé. Par exemple, la chemisette, je ne la porte que s’il s’agit d’une vraie hawaïenne – j’ai la même que Magnum. Idem pour le jogging. Avec une pièce lambda, il y a de fortes chances de ressembler à un Bidochon.
Tandis qu’avec un jogging de l’armée américaine bien coupé comme le réédite Buzz Rickson’s ou Warehouse & Co., ça n’a plus rien à voir.

VOS TROIS MEILLEURES ADRESSES ?
The Real McCoy, une marque japonaise qui reproduit des pièces américaines des années 40-50, le top de la qualité et des coupes. Dans le même esprit mais moins cher, et surtout pour les vêtements de la Seconde Guerre mondiale : Buzz Rickson’s, et pour les pièces de motocyclistes rétro (années 40 et 50) en cuir de cheval : Aero Leather Clothing.

AVOIR DU STYLE, C’EST…
Faire plaisir aux yeux.

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Propos recueillis par Hélène Claudel
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