écrit le 5 juillet 2017
modifié le 30 octobre 2017

Dîner de filles

Qu’est-ce qu’elles se racontent les femmes quand elles se retrouvent ? Par hasard, Monsieur s’est retrouvé à l’une de leurs fameuses soirées « qu’entre elles ». Âmes sensibles s’abstenir.

Les dîners de filles sont devenus tendance, même pour les mères et donc nos femmes. Quand la mienne m’a lâché pour rejoindre ses copines, j’étais loin de me douter que j’allais bientôt être renseigné sur ce qu’elles se racontent justement quand elles sont entre elles. Ce soir-là, j’avais invité mon ami Frank dans un restaurant « lounge », comme on dit. Lumières tamisées, musique douce, un endroit d’une élégance raffinée mais sans chichis.

« Ben non, et au moins il bande ! »

Nous nous sommes installés à une table en coin derrière une bibliothèque. Juste à côté, se trouvait une brochette de jolies dames que nous entendions et voyions parfaitement alors qu’elles ne pouvaient nous distinguer. Je ne suis pas du genre à écouter aux portes. Je venais de commander une sole meunière, quand une phrase incroyable m’a fait sursauter : « il bande vraiment comme une banane ! »

S’en est suivie une explication savante sur le sexe tordu du malheureux disséqué par sa maîtresse, une blonde pulpeuse d’une quarantaine d’années que j’avais d’abord trouvé ravissante. Autour d’elle, les autres enfilaient les verres de Pouilly fumé comme si c’était de la limonade. « Ça change quelque chose ensuite ? » lui ont demandé les copines mortes de rire ?« Ben non, et au moins il bande ! » a répondu la blonde. Elle a ensuite passé le crachoir à une rousse incendiaire qui s’est lamentée : « Moi j’en ai connu un qui bandait très bien, mais il était peine à jouir. J’ai compris pourquoi on simule, c’est terrible de baiser plus d’une heure sans résultats ». À ce stade de la conversation, Frank et moi nous sommes demandés si nous ne ferions pas mieux d’avaler en vitesse nos poissons avant de filer à l’anglaise. Depuis le temps qu’on nous bassine avec le mystère du deuxième sexe, je ne me l’imaginais pas si cru.

La géométrie de leur point G

La curiosité l’a emporté… L’une d’elles venait de quitter un amant Meetic parce qu’après l’amour, il gloussait en répétant, « chuis content, ça marche encore »! Un truc atroce d’après elle. J’allais déguerpir, mais Frank m’a fait signe de me taire pour écouter une jolie brune qui s’est lancée dans un exposé sur les mecs qui bandent mou. L’autre, la blonde, très en verve, a enchaîné sur le cas du glousseur. J’en ai retenu qu’il faut des jours et des jours avant de réussir à déclencher leur point G. Comme on met un point d’honneur à les faire jouir, du coup elles simulent, CQFD… Le plus beau c’est qu’elles préfèrent leurs maris avec qui, au moins, elles ont le temps de s’expliquer. Sauf que ça manque de surprise, car leur fantasme c’est l’inconnu du train qu’elles ne reverront jamais !!

Après la géométrie de leur point G, ces dames ont embrayé sur l’analyse littéraire. Sujet d’exposé : le SMS. Alors là, gare à la sémantique. Une certaine Stéphanie était désespérée parce qu’elle avait reçu de son nouvel amant, un SMS bizarre : « Merci pour cette belle nuit ». Il paraît que ça craint ! Du coup, elle est allée illico sur le statut Facebook du type où il avait lâché, « Fatigué ce matin ». D’après elle, il avait tout faux, c’est vraiment à y perdre son latin… Une seule relevait le niveau. Elle trouvait touchant les petites pannes et même l’éjaculation précoce. Elle a juste souligné qu’au resto, le mec qui propose le fifty-fifty ne serait jamais leur moitié « quel con ! ». À leurs yeux, M le Maudit vaut mieux qu’un radin. On a décampé quand elles ont affirmé que si un type travaillait dans la communication politique, ce ne pouvait être qu’un satyre. Comme j’étais venu là pour discuter du plan média de Villepin, j’ai pensé qu’un mot de plus allait me tuer. Et j’avoue, quand ma femme est rentrée à plus de deux heures du matin, je n’ai pas pu m’empêcher de lui faire l’amour pour vérifier que tout allait bien. Le lendemain, je lui ai envoyé le texto de l’autre : « Merci pour cette belle nuit ». Elle a répondu qu’avec moi l’amour ressemblait à une folie dans un train avec un inconnu, j’avoue que j’ai rudement apprécié le compliment !

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Article par Corinne Lellouche. Illustration Le Tone.
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