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écrit le 19 mars 2018
modifié le 6 avril 2018

Du terrain au terroir

Entre le Tournoi des 6 nations et la coupe du monde de football, le millésime 2018 sera sportif  ! À première vue tout semble opposer le sport et le vin, pourtant de nombreux sportifs ont mis un pied dans le vignoble en réussissant à transformer l’essai avec succès.

Jean Alesi, le pilote de F1, est aussi un vigneron avec son excellent Côtes-du-Rhône au château de Ségriès.


Jean Alesi, le pilote de F1, est aussi un vigneron avec son excellent Côtes-du-Rhône au château de Ségriès.

Pour ceux qui en doutaient, il y a bien une vie après le sport. Droit au but, cela se nomme une « reconversion ». Si elle touche tous les milieux, la mode, l’événementiel, le coaching, la gastronomie, la voilà désormais séduite de plus en plus par le vin. Après avoir foulé stades et podiums, les stars du sport foulent désormais les cuves et se découvrent une nouvelle passion assez paradoxale somme toute, tant le vin et le sport semblent à première vue incompatibles. Même si d’arrêt de jeu, on les imagine assez  al célébrer leur victoire avec de l’eau et des jus de fruits !

Comme si l’esprit de compétition ne les avait jamais abandonnés, ces sportifs de haut niveau ont choisi le challenge du monde viticole pour occuper leur retraite. C’est le cas du footballeur Jean Tigana avec son Domaine de la Dona Tigana à Cassis en Provence, de l’ex-international de football Olivier Tebily et de ses 22 hectares en Cognac, de l’ancien pilote de Formule 1 Jean Alesi au château de Ségriès, auteur d’un joli Côtes-du-Rhône qui collectionne lui aussi les médailles. Quant à l’ex-rugbyman du stade toulousain, Imanol Harinordoquy, il s’est récemment lancé dans l’importation viticole par le biais de sa structure, Les Passeurs de Vins.

Des amoureux de la terre

L’ancien joueur du XV de France, Sébastien Chabal, lance une gamme de vins aux côtés du Cellier des Chartreux. Trois couleurs, dont les noms feront sourir : « Avec l’Art et la Manière » (rouge), « Je Résiste à Tout Sauf à la Tentation » (blanc), « Une Petite Cuvée au Poil ! » (rosé).

Bien que rares soient les tennismen qui ont investi dans le monde du ballon de rouge, Michaël Llodra et Arnaud Clément semblent aussi à l’aise en double devant des bouteilles qu’avec des raquettes. En 2013, ils ont ouvert au 5, rue Musette à Dijon, un concept-bar, le Dr. Wine, à la fois club et restaurant. Il recense plus de 1 000 références et dispose de sa propre boutique, le Dr. Wine Shop, idéal pour s’approvisionner au meilleur de la Bourgogne et pour dénicher de petites pépites de partout. Si l’on en juge au grand nombre de reconnaissances et de médailles que les vins de ces propriétaires ou partenaires particuliers raflent chaque année, ces reconversions sont synonyme de succès.

C’est parce que ces sportifs sont avant tout des êtres amoureux de la terre et des valeurs qui lui sont attachées qu’ils se sont intéressés aux vignobles et à la production de vins.Pour preuve, quand ils choisissent d’investir  ou de représenter un terroir, c’est le plus souvent celui de leur région d’origine, à l’image des rugbymen Yannick Jauzion avec la cave de Labastide-de-Lévis en Gaillac ou de Sébastien Chabal avec le Cellier des Chartreux à Pujaut. L’ancien joueur du XV de France vient de lancer Les Vins de Sébastien Chabal, une gamme qui se décline en trois couleurs : en rouge, « Avec l’Art & la Manière », en blanc, « Je Résiste à Tout Sauf à la Tentation », et en rosé, « Une Petite Cuvée au Poil ! ». La star du stade (et de la pub) s’apprête d’ailleurs à intégrer la cave en tant que le 81e coopérateur !

Le vin d’abord

L’ancien rugbyman Gérard Bertrand

Contrairement à ce que s’imaginent les mauvais esprits, si ces sportifs d’exception s’essaient à la viticulture, c’est parce qu’ils sont comme les vignerons, avant tout des épicuriens. Ayant acquis une certaine notoriété sur le terrain, leur image qui pourrait être facilement utilisée à des fins promotionnelles, s’apparente d’abord à celle d’un ambassadeur dont le souci est de promouvoir sa région et son art de vivre. Dans un milieu aussi exigeant et aléatoire que le monde viticole, les sportifs initiés à l’humilité mettent spontanément le vin avant leur image. Le produit primant de loin sur leur personnalité. C’est ainsi que tous ceux qui ont eu l’opportunité d’associer leur nom à une marque, reconnaissent que leur engouement pour la vigne est lié à une rencontre et non à un parcours sportif comme en témoigne celui de Rémi Lamerat. À 27 ans, le centre de l’ASM Clermont-Ferrand anticipe sa fin de carrière en préparant depuis septembre dernier un cursus aménagé viticulture-oenologie. Afin de poursuivre au mieux son nouveau challenge, l’international de rugby est soutenu par le célèbre négociant bordelais Bertrand Ravache, président de la Maison éponyme. Ce grand amateur d’ovalie accompagne ainsi le joueur clermontois en lui ouvrant les métiers du vin grâce à toute son équipe technique tout en le formant au marketing, à la commercialisation, aux finances et à la logistique. De son côté, la Maison Bertrand Ravache a produit une web série intitulée L’école de la vigne dont Rémi Lamerat est la guest-star.

Rugbyman-vigneron

Passionné d’ovalie, le négociant bordelais Bertrand Ravache soutient l’international de rugby Rémi Lamerat dans sa reconversion en l’intégrant dans son équipe pour qu’il se forme.

À la fois didactique et pédagogique, cette dernière met en avant les équipes et la gamme de la Maison Bertrand Ravache qui commercialise avec succès Léo By Léo complétée par L’Instant Bordeaux en rosé et en blanc. Jouant sur les parallèles entre le vin et le rugby, ce dernier évoque l’esprit d’équipe, la convivialité, la culture du Sud-Ouest mais aussi l’excellence et l’audace, les deux qualités formant la devise de la Maison Ravache. C’est en terre languedocienne qu’il faut se tourner pour trouver le pionnier de ces néovignerons du ballon ovale. Capitaine du Stade Français de 1993 à 1994 et président du Racing Club de Narbonne Méditerranée, Gérard Bertrand est devenu un incontournable des vins du Languedoc-Roussillon. Aujourd’hui à la tête de 14 domaines, de 300 salariés et d’un négoce qui réalise un chiffre d’affaire de 100 millions d’euros, en vendant du vin dans le monde entier y compris sur les tables étoilées, ce rugbyman-vigneron devenu vigneron-rugbyman puis vigneron est intarissable sur le sujet. Sans aucun cliché, il évoque le sens du partage « où seul, on est un être ordinaire mais à plusieurs, on devient un être extraordinaire », le supplément d’âme qu’il faut mettre sur un terrain comme dans son vin si on cherche à en tirer toute la quintessence. Il utilise même un mot pour cela. Un mot sensible et philosophique à la fois : « la transcendance ». Insistant sur le côté humain comme tous les êtres généreux, il souligne à quel point le vin comme le rugby donnent lieu à des célébrations, pour la simple raison qu’ils poursuivent le même but, réunir.

46 distinctions

Du domaine de Villemajou, propriété dans les Corbières, qui appartenait à sa famille, en passant par l’Hospitalet qu’il rachète en 2002 jusqu’au château Pech l’Estagnère au pied de la cité de Carcassonne avec lequel il vient de signer un bail de 25 ans avec les vignobles Sarrail, propriétaires, ce producteur-négociant en vins du Pays de l’Aude a été désigné en 2012 « Red Winemaker of the Year » après avoir remporté 46 distinctions et 2 trophées pour ses vins. Plus qu’un succès, c’est un triomphe que celui de continuer de faire rêver autour d’un… ballon !

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Article par Florence Hernandez
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