Style > Les élégants du siècle
écrit le 22 juillet 2018
modifié le 5 septembre 2018

Éric Tabarly, l’idole des houles

Vingt ans après sa disparition, on mesure encore mieux quel marin exceptionnel fut Tabarly. Précurseur et visionnaire, il est une icône à redécouvrir dans le livre Éternel Tabarly*.

Un an après la disparition d’Éric Tabarly, Daniel Gilles, navigateur et journaliste, publiait, avec la complicité de Jacqueline Tabarly et de quatorze personnalités ayant connu le grand navigateur, un ouvrage simplement intitulé À Éric. Amis depuis plus de 30 ans, il vouait un profond respect autant à l’homme qu’au marin.

Plus de 300 photos, dont beaucoup venant de la famille, des témoignages inédits et un professionnalisme servi par plus de 20 heures d’enregistrements ont rapidement fait de cet album, un livre culte couronné par l’Académie de marine. Depuis 1999, il sera sans cesse réédité.

Le star system ne l’a jamais changé. Un Breton taillé dans le granite.

Pour le vingtième anniversaire de la disparition de « l’idole des houles », Daniel, largement aussi taiseux que son modèle, a ajouté un long préambule à son ouvrage qui éclaire encore mieux quel homme exceptionnel fut le navigateur. On comprend pourquoi, vingt ans après sa disparition en mer d’Irlande, lors d’une manoeuvre périlleuse à bord de son Pen Duick, il est toujours aussi vivant comme toutes les belles légendes. Ce livre qui trône sur un lutrin à Kerlaiguer, dans la maison des Tabarly de Gouesnac’h sur les bords de l’Odet, est l’album d’une vie et celui d’un destin hors du commun.

Audace technique

Pen Duick I au près de la brise

Avec sa première victoire dans la Transat en solitaire 1964, il fera aimer la mer à des millions de Français. La Légion d’honneur et les félicitations du général de Gaulle récompensent cette victoire qui porte déjà la marque Tabarly : audace technique, recherche de solutions nouvelles et sens marin exceptionnel. Tous ses bateaux inaugureront des techniques révolutionnaires dont certaines sont encore d’actualité comme les foils, ces lames de carbone sur lesquelles les bateaux actuels volent au dessus des vagues comme il l’avait prédit. Passionné par les machines de course, Tabarly n’était amoureux que de son premier bateau, un yacht classique dessiné par William Fife sur lequel il avait appris à naviguer et que son père lui avait cédé en 1952. Il l’aimera passionnément toute sa vie jusqu’à cette nuit du 13 juin 1998 ou d’une ruade, le pur sang l’enverra par-dessus bord.

Mouillé dans la ria bretonne, en bas de chez lui, Pen Duick le séduisait par sa beauté intemporelle car à bord « il retrouvait sa jeunesse, ce qui est le plus profond des bonheurs », comme le notait Jean-François Deniau.

Moraliste muet

Au fil des Pen Duick, on revit la magnifique carrière du navigateur mais surtout, on se rend compte de l’homme qu’il était. Un homme qui en imposait comme le notait Jean d’Ormesson après sa victoire de 1976 : Éternel Tabarly*, édition du 20e anniversaire, format 240 x 340 mm, relié sous jaquette.

Pen Duick I, le bateau de sa vie. Jacqueline et Marie, les femmes de sa vie.

Amoureux des îles, Tabarly y avait aussi trouvé l’amour avec Jacqueline.

Éditions du Chêne. Préambule inédit de Daniel Gilles. « Bravo. Et d’être en notre temps si bavard et si bruyant, un moraliste muet ». Vingt ans après sa disparition, les Pen Duick I, II, III et IV naviguent toujours et des passionnés les entretiennent avec amour et le mécénat d’une grande banque comme pour poursuivre l’oeuvre de Tabarly. Sa fille Marie appareillera le 3 juillet avec Pen Duick VI pour un tour du monde de 4 ans avec un Оquipage de grands marins et d’artistes. Une croisière humaniste sous l’oeil du père qui navigue dans les nuages : éternel Tabarly.


Son style

Simple et sans fioriture, il adopte le style qui lui colle à la peau. Celui de la mer et de ses embruns. le parfait dress code du marin breton.

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Article par François-Jean Daehn
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