écrit le 26 septembre 2017
modifié le 26 septembre 2017

Voguer avec Éric Tabarly

En 1968, Éric Tabarly fait aimer la voile aux Français et renouvelle à leurs yeux l’image du navigateur. Une modernité qui passe aussi par une montre de plongée d’avant-garde : sa Lip Nautic-Ski.


Tabarly, Pen Duick et Nautic- Ski : trois noms indissociables.

En août 1968, au large de Saint-Raphaël, Éric Tabarly donne sa première leçon de voile à Brigitte Bardot. L’actrice, encore un peu incertaine, est blottie contre Alain Delon. Charmante, la scène est immortalisée par le photographe Jean-Pierre Biot. Les images paraîtront dans la presse. Tous les ingrédients du glamour y sont réunis. Lumière d’été sur la Méditerranée, voilier de plaisance – un secteur nouveau et en plein essor –, couple de vedettes adulées et champion sportif. Éric Tabarly est à la barre.

Le grand public a découvert cet officier de la Marine nationale taiseux, au physique puissant, en 1964. Le marin vient de gagner la course en solitaire transatlantique Plymouth-Newport. Il efface d’un coup la déroute française aux Jeux olympiques de 1960 et l’absence de l’équipe de France de football à la Coupe du monde de 1962. C’est un gagneur. Son goût pour la compétition est une promesse d’énergie et de jeunesse, au moment où le monde du nautisme relègue aux livres de gravures l’image du riche yachtman en blazer bleu et flanelle blanche. Ulysse moderne, Tabarly brave les éléments le torse nu.

À son poignet, une montre en passe d’entrer dans la mythologie horlogère française : la Lip Nautic-Ski. Première montre française étanche à 200 mètres, la plongeuse imaginée par Fred Lip a été présentée au printemps 1967 pour le centenaire de la marque. Son vrai lancement, ce sera aux Jeux Olympiques de Grenoble, en 1968. La maison de Besançon partage avec Omega le chronométrage des différentes épreuves. Son cadran aux index recouverts de tritium garantissait une luminescence parfaite dans l’obscurité, tout comme ses larges aiguilles revêtues de la même matière luminescente offrant une lisibilité optimale en toutes conditions. Étanche, elle n’usurpe pas de son patronyme « Nautic ». Mais pourquoi le mot « Ski » ? Il faut y lire un hommage de Fred Lipmann à sa fille, Muriel, membre de l’équipe de France féminine de ski alpin. Outre ces références, la montre est en avance sur son temps. Grâce à son étanchéité à 200 mètres et à son mouvement électromécanique, le calibre « R148 », reconnaissable au symbole de l’éclair sur le cadran. Le calibre « R148 » est l’un des facteurs principaux du très grand succès de la Nautic-Ski. Peu coûteux et très fiable, il permet à Lip de renouer avec son image populaire en proposant une montre de précision étanche à un prix très abordable.

En 1968, elle était vendue au prix de 375 francs, ce qui équivaudrait à moins de 500 €. Une tradition respectée par Lip aujourd’hui, soit dans une version en tous points fidèles à la montre d’Éric Tabarly, soit dans une variation plus contemporaine et équipée désormais d’un mouvement mécanique à remontage automatique très fiable, le calibre Miyota 821A.

Étanche à 200 mètres
À l’époque, ce modèle fut rapidement adopté par les sportifs et tous ceux qui voulaient une montre robuste au poignet. Rééditée depuis 2014, ce garde-temps respecte le design des seventies. Même sa taille de 38 mm reste cohérente par rapport aux tailles de l’époque. Elle est livrée avec deux bracelets, l’un en cuir noir perforé, l’autre en caoutchouc noir perforé, spécial sessions nautiques. Elle coûte aujourd’hui 499 €. Mais ce n’est pas cet élément-là qui avait séduit Éric Tarbarly, ou les équipes de plongeurs du commandant Cousteau. Plutôt les aptitudes techniques de cette plongeuse. En particulier son boîtier « Super Compressor ».

Breveté en 1953 par EPSA et souvent adopté par les grandes maisons dans les années 60, ce boîtier est caractérisé par une lunette rotative interne moins sujette aux faux mouvements et aux manipulations accidentelles. Autre élément distinctif de ces boîtiers, les deux fameuses couronnes, le plus souvent striées, placées sur la carrure du boîtier : l’une pour régler l’heure et l’autre pour faire tourner la lunette interne. En plongée, plus la profondeur augmente, plus la pression est élevée car il faut tenir compte du poids de l’eau au-dessus de nous. Les ingénieurs d’EPSA avaient trouvé le moyen d’utiliser cette donnée physique pour accroitre l’étanchéité en intégrant un joint se trouvant compressé par le fond de boîte sous l’effet de la pression. Ainsi, plus le plongeur descend bas, plus la pression exercée sur le boîtier comprime le joint, augmentant l’étanchéité. En prime, la signature française de la montre ne pouvait pas déplaire à un navigateur qui fit flotter haut le pavillon tricolore, tant sur les mers du monde que dans les rêves de millions de Français.

Les jours heureux : à la barre de Pen Duick III, Éric Tabarly donne une leçon de voile à Brigitte Bardot et Alain Delon, sa Nautic-Ski au poignet.


COCORICO
Avec sa lunette rotative interne, la Nautic-Ski est la première montre française à plonger à 200 mètres. Succès garanti.

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Article par Frédéric Brun
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