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écrit le 15 septembre 2020
modifié le 16 septembre 2020

HVE 3, Le nouveau label des vins engagés

De plus en plus de grands domaines sont certifiés Haute Valeur Environnementale niveau 3. Un label vertueux offrant une alternative au vin bio et répondant aux attentes sociétales des consommateurs soucieux de la protection de l’environnement. Bienvenue dans le monde de l’agroécologie !

À la différence du label bio, l'HVE 3 cible uniquement l'exploitation viticole et non le vin en tant que tel. Il implique que cette dernière favorise la biodiversité et une culture à faible dépendance aux engrais. ©Adobe Stock


À la différence du label bio, l'HVE 3 cible uniquement l'exploitation viticole et non le vin en tant que tel. Il implique que cette dernière favorise la biodiversité et une culture à faible dépendance aux engrais. ©Adobe Stock

Si autrefois le marché du vin ne permettait de choisir qu’entre le bio et le non bio, il existe aujourd’hui de nombreux autres labels qui préviennent les consommateurs d’une viticulture engagée dans une démarche de développement durable.

Le label HVE est un de ceux-là et présente l’avantage d’être porté par le ministère de l’Agriculture pour l’ensemble de la profession agricole.

Apparu depuis la Foire aux vins d’automne 2019 dans les rayons des grandes et moyennes surfaces, ce label qui figure sur les étiquettes ou sur les collerettes des bouteilles de vin concernées a pourtant été imaginé dès 2008. Lancé lors du Grenelle de l’environnement, ce dernier a été créé pour regrouper sous un même sigle toutes les autres certifications comme Terra Vitis, Vignerons Engagés ou Agri Confiance.

Apparaissant aujourd’hui comme la seule démarche permettant de respecter les engagements pris par le gouvernement en matière de biodiversité, cette certification qui est une démarche volontaire construite autour de quatre thématiques environnementales – la protection de la biodiversité, la stratégie phytosanitaire, la gestion de la fertilisation et la gestion de l’eau – ne concerne pas uniquement le vin mais toutes les filières agricoles.

90 % des certifiés HVE 3 sont des exploitations viticoles. Le label « marguerite » est ouvert à ceux qui fabriquent, commercialisent et distribuent le vin. ©Étiquette HVE

Originalité de ce dispositif, il est constitué de trois niveaux permettant d’évoluer étape par étape.

-> Ainsi le premier degré est atteint si les pratiques essentielles sont respectées, ce qui correspond à la maîtrise de la réglementation environnementale et à la réalisation par le viticulteur ou l’agriculteur d’une évaluation de son exploitation.

-> Le niveau 2 est validé si les techniques à faible impact environnemental ont été adoptées dans le respect d’un cahier des charges comportant des obligations de moyens pour limiter les apports d’intrants.

-> Enfin, au niveau 3, deux étapes de performance environnementale doivent être validées : un haut niveau de biodiversité et une faible dépendance aux engrais et autres produits phytosanitaires pour une agriculture autonome et peu dégradante pour les sols.

DES PRINCIPES D’AGROÉCOLOGIE

Ce n’est qu’au niveau 3 que les opérateurs peuvent arborer sur leurs produits le fameux logo « marguerite » basé sur les principes de l’agroécologie. Cette démarche de certification verte peut se faire de manière individuelle par un vigneron ou dans un cadre collectif par l’intermédiaire d’une cave coopérative, d’une société de négoce ou plus largement par une région viticole.

Correspondant au niveau le plus élevé de la certification environnementale des exploitations agricoles, si le nombre de certifications en HVE concerne plus de 5 399 exploitations agricoles depuis janvier 2020, plus de 90 % des certifiés sont des exploitations viticoles avec, à la clé, l’opportunité de s’imposer à côté du bio comme l’autre voie alternative à l’agriculture conventionnelle.

Ici, le vignoble Château Sainte Roseline en Provence dont le vin rouge a reçu le label HVE 3 en septembre 2019. ©Adobe Stock

EN HARMONIE AVEC LA NATURE

Le logo portant la mention valorisante « issu d’une exploitation Haute Valeur Environnementale » est donc un label commercial ouvert à ceux qui fabriquent, commercialisent ou distribuent des denrées alimentaires transformées comprenant au moins 95 % d’ingrédients agricoles issus d’exploitations certifiées. Son usage est gratuit.

Il peut s’utiliser sur l’étiquette mais façon médaille de concours ou en collerette. Le premier à avoir dégainé ce logo sur ses emballages est le groupe Intermarché qui a pris conscience qu’il ne faut pas travailler uniquement sur des résultats, mais de façon globale, et propose cette approche sur neuf vins, dont trois alsaciens. Quant au groupe E.Leclerc, sa Foire aux vins d’automne compte déjà de nombreuses références de vins labellisés HVE comme Le Jardin de Cassie de la maison Bertrand Ravache à Saint-Émilion.

« Un vignoble en bonne santé est le signe d’une viticulture en harmonie avec la nature et donc d’un environnement préservé. Un enjeu pour la planète et surtout une responsabilité éthique que nos enfants sont en droit d’attendre de nous car cette Terre ne nous appartient pas ; nous n’en sommes que les dépositaires », souligne Bertrand Ravache, le président de la maison éponyme qui, en fervent adepte du HVE 3, ne s’arrête pas à une offre « foire aux vins » mais fait passer l’ensemble de ces gammes en HVE 3 d’ici juin prochain.

À la question ce label améliore-t-il le goût des vins, sa réponse est directe. « Soyons clairs, la Haute Valeur Environnementale ne change ni le goût ni la qualité des vins, c’est la démarche qui change. Faire ce choix, c’est choisir d’adhérer à une stratégie phytosanitaire afin de limiter les fuites vers le milieu naturel. Il s’agit donc d’une éthique mais avec une obligation de résultats. Tous les vignobles ne peuvent pas être en bio pour des raisons climatiques et d’orientations de terroir aussi. Les terroirs du Sud-Ouest par exemple trop exposés aux pluies, aux vents et aux brouillards, sont bien sûr beaucoup plus sensibles aux maladies. Face à ces contraintes régionales, c’est donc la raison qui l’emporte. »

Bertrand Ravache, le président de la maison éponyme, passera toutes ses gammes en HVE 3 d’ici juin. ©Bertrand Ravache

65 % DES SURFACES À BORDEAUX

Mais pour que la Haute Valeur Environnementale continue sur sa lancée, elle doit aussi être synonyme d’une haute valeur économique à travers une meilleure valorisation des produits pour les vignerons. Un défi de plus.

Seul problème, ce logo ne signifie encore rien pour le consommateur ! Inconnu au bataillon des logos, les subsides de l’État étant vides, le ministère n’a pas encore communiqué sur le contenu de la HVE.

« Pour l’heure, ce label est surtout une façon de faire reconnaître et de valoriser des pratiques saines », précise Bertrand Ravache qui s’empresse d’ajouter que « le respect de l’environnement, de la biodiversité, de l’être humain est une préoccupation majeure chez tous les viticulteurs qui travaillent avec nous ; notre rôle étant de les y encourager car la préservation de la biodiversité assure la présence d’une faune et d’une flore variées garantissant l’équilibre écologique des terroirs ».

Même s’il reste encore beaucoup à faire, en 2019 plus de 65 % des surfaces du vignoble de Bordeaux sont certifiées par une démarche environnementale alors qu’il n’y en avait que 35 % en 2014. Si la région Alsace est une bonne élève, qu’on se le dise c’est Bordeaux qui semble aujourd’hui au dessus de la mêlée !


LA SÉLECTION DE MONSIEUR

RACÉ ET ÉLÉGANT : CUVÉE LA CHAPELLE CHÂTEAU SAINTE ROSELINE

Voici un grand vin rouge de Provence qui peut rivaliser sans problème avec les plus grandes appellations françaises grâce à sa jolie robe noire, son nez intense où se mêlent fruits rouges et réglisse, sa vivacité et sa finesse que lui offre une longue garde d’au moins 20 ans. Idéal sur un magret de canard, un plateau de fromage ou un moelleux au chocolat, la maison a reçu la certification en HVE 3 en septembre 2019. Prix : 42 €

©Sainte Roseline


LE JARDIN DE CASSIE : UN ROSÉ ENGAGÉ SIGNÉ BERTRAND RAVACHE

Ce 100 % malbec sans sulfites est issu d’une propriété certifiée en HVE 3 depuis 2017. Avec une robe tendre, un nez sur des notes de fruits rouges gourmands en bouche, il offre une belle fraîcheur avec des saveurs de fruits rouges et de bonbon anglais et une finale sur des arômes acidulés de pamplemousse. Prix : 5 €

©Bertrand Ravache


QUINTESSENCE D’UN TERROIR : CHÂTEAU DES LAURETS BARON, BARON EDMOND DE ROTHSCHILD 2015

Issue des plus anciennes parcelles situées à proximité du château et sur des vignes de 70 ans, cette cuvée originaire de Puisseguin- Saint-Émilion est un 100 % merlot. Éditée à seulement 20 000 bouteilles, par un souci d’excellence, elle n’existe que dans les millésimes exceptionnels et se caractérise par sa couleur violine et son nez d’arômes de mûre, de cerise et de vanille. Un vin bâti pour la garde, dont on retrouve, en bouche, toute la corbeille de fruits noirs comme la mûre, la cerise et une touche de bois. Élégance, finesse des tanins, fraîcheur, minéralité et longueur définissent ce vin idéal lorsqu’il accompagne des viandes rouges maturées. Prix : 19,20 €

©Edmond de Rothschild Héritage


VIN DE COTEAUX : LES PIERRES DORÉES 2018 AOP COTEAUX-BOURGUIGNONS LOUIS LATOUR

C’est de la région des Pierres Dorées, au coeur du Beaujolais, que provient ce beau pinot noir. Sur plus de 20 hectares situés entre 280 et 400 mètres d’altitude, le sol calcaire riche en oxyde de fer qui lui confère une couleur ocre très particulière, ainsi que l’altitude, contribuent à donner à ce vin richesse et fraîcheur. Il est doté d’une belle complexité aromatique aux notes de moka et de cassis qui en fait le compagnon idéal d’un carré d’agneau ou d’un tartare de thon. La maison fondée en 1797 a reçu la certification en HVE 3 en mars 2020. Prix : 15,90 €

©Louis Latour

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Article par Florence Hernandez
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