écrit le 30 janvier 2020
modifié le 21 mars 2020

Alexandre Cornot : « Il faut savoir orner son quotidien »

Président créatif et gestionnaire avisé de Brimoncourt, une maison de champagne en pleine effervescence, Alexandre Cornot manie l’art et la culture avec autant d’aisance qu’il sait compter. Rencontre.

Esthète au parcours atypique, il cultive une approche décomplexée du champagne qui dénote. ©Patrick Iafrate, Brimoncourt


Esthète au parcours atypique, il cultive une approche décomplexée du champagne qui dénote. ©Patrick Iafrate, Brimoncourt

Il y a des vies qui se dessinent dès l’adolescence et d’autres en cours de route. Celle d’Alexandre Cornot semble avoir été tracée dès l’enfance pour suivre ses passions.

Dandy, lui ? Son goût pour les mots rares, pour l’art sous toutes ses expressions, son admiration pour l’histoire en général et la Régence en particulier, sa culture protéiforme et sa complicité littéraire avec Barbey d’Aurevilly, tout porterait à le croire.

Sauf que le président de Brimoncourt n’apprécie ni les cases ni les étiquettes, à l’exception de celles de ses champagnes bien sûr, qui lui ont permis de devenir en onze ans, un véritable gentleman champenois.

DE LA MARINE À LA CHAMPAGNE

Bien que l’idée du déterminisme lui déplaise, il est, par les facétieux hasards des affectations militaires, né à Reims, son père étant officier de l’Armée de l’air. Après une courte carrière d’officier dans la Marine, il obéit à un autre destin – les grands hommes en ont souvent plusieurs à leur disposition – en obtenant un diplôme de notaire. À la façon d’Alexandre Dumas, il va alors user ses manches de lustrine dans une étude parisienne mais n’a visiblement pas l’âme cadastrale non plus.

En pèlerin du beau, il ressent l’impérieuse nécessité de s’adonner à son amour pour l’art qui va l’emmener chez Christie’s à New York. Devenu marchand, pendant plusieurs années, il y côtoie des oeuvres majeures ainsi que les plus grands artistes américains. Une vie qui en vaut déjà mille mais qui ne suffit pas à Alexandre Cornot. Il rêve déjà à d’autres aventures.

Un cocktail de circonstance romanesque lui offre l’opportunité de rentrer sur ses terres natales et de racheter Brimoncourt, une maison de champagne trop longtemps négligée mais basée à Aÿ, village historique de la Champagne et de ses grands crus. N’échappant pas à sa culture militaire, c’est en fanfare qu’il va réveiller cette belle endormie.

UN ESPRIT LIBRE

Pour preuve, dès la première sortie sur le marché, en 2013, de son brut baptisé Régence, il en produit 30 000 bouteilles. Aujourd’hui, Brimoncourt en commercialise dix fois plus. Pour avancer aussi vite, cet esprit libre à la moustache en guidon s’est d’abord entouré d’une équipe de choc, réactive et efficace, digne d’une start-up.

Ignorant ensuite la norme, ce mécène au regard jupitérien travaille sans conseil de marketing, fait fi des tendances et de la mode et ne se fie qu’à son goût. Non pas parce que ce Capricorne ascendant perfectionniste est sûr que ce dernier soit infaillible mais parce qu’il apparaît cohérent dans sa quête d’exigence, de délicatesse et de légèreté.

Résultat ? La maison Brimoncourt lui ressemble, c’est-à-dire qu’elle ne ressemble à aucune autre. Puisant ses références historiques à l’ADN léger et festif qui a contribué au succès du champagne pendant la Régence et sous Louis XV, la maison propose quatre cuvées, deux bruts dont un rosé, un blanc de blancs et un extra brut.

D’un excellent rapport qualité/prix/plaisir, elles sont toutes joyeuses, pétillantes, légères, décomplexées, bien dans leur temps. Bref, essentielles à ce savoir-vivre dont Alexandre est l’ambassadeur et qui ont comme point commun de savoir orner son quotidien. Et le nôtre !

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Article par Florence Hernandez
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