savoir-vivre > Humeur
écrit le 30 janvier 2018
modifié le 6 février 2018

Parlez-vous « jeune » ?

Le fameux stagiaire de troisième a débarqué dans vos bureaux. Pas de panique, Monsieur vous aide à décoder les 12-16 ans. Cela vous aidera aussi pour la maison. Voici un petit condensé de ce qu’il faut savoir.

Vous avez beau recycler vos expressions de rebelle, ça ne fonctionne pas. Non seulement, le jeune se paye votre tête et, en plus, soyez honnête, vous ne comprenez toujours pas ce qu’il dit. Oubliez le verlan, vos « relou », « chelou », et le verbe « kiffer » que vous mettez inexorablement à toutes les sauces, histoire de renouer avec vos 20 ans. C’est plutôt avec la « lose » que vous renouez. Beaucoup trop XXe siècle tout ça… Aujourd’hui, quand c’est cool, c’est « swag », « frais » ou c’est « trop stylé ». On a « le seum » quand on n’est pas content. On « s’enjaille » quand on va à une fête et « ça passe crème », quand « ça le fait ».
« Je suis chaud de night » ne signifie pas que vous être « un chaud la nuit » ou que vous avez « chaud la nuit ». Non non non. Ça veut dire que vous êtes à fond. Par exemple, moi, je suis « chaud de night » sur cet article, vous comprenez ? Au bureau, vous pouvez très bien être « chaud de night » sur un dossier. Sur une collègue ? Ah non, pas là.

You only live once 

YOLO n’est pas le nom d’un chien mais « you only live once »… Le nouveau « Carpe Diem » si vous préférez – c’est qu’ils sont philosophes nos gamins. Pas tellement vous vous direz, lorsque vous aurez compris la signification de l’acronyme « double-you-tee-eff » (WTF) que vous voyez écrit sur chaque SMS et que avez bêtement confondu jusqu’à présent avec « double-you-double-you-eff » (WWF). Et vous qui pensiez si fièrement que votre petit Augustin était un fervent défenseur de la nature et des pandas… C’est « le seum », what the fuck !?
Si vous avez un doute sur une expression mais que vous souhaitez néanmoins communiquer avec votre jeune, plutôt que de vous perdre dans les lol et compagnie, un seul conseil, utilisez les « hastag ». Ça marche à tous les coups. Hashtag-va-à-la-compta, hashtag-fais-ton-rapport-de-stage. Ça marche aussi pour la maison. Hashtag-range-ta-chambre, hashtag-fais-tes-devoirs, hashtag-mais-tu-vas-la-lâcher-cette-foutue-tablette !

La communication avec le monde extérieur

C’est vrai qu’ils sont un peu accros (euphémisme), nos enfants, à tous ces appareils. Et lorsqu’ils nous voient taper sur un clavier, on perd toute crédibilité. Entre Instagram, Snapchat, Whatsapp, Facebook, Twitter, avouez qu’il y a de quoi se perdre. La preuve, vous vous estimez heureux que le vôtre ne soit pas encore sur Tinder. C’est incroyable : il chatte à 3 sur Skype, textote, twitte, prend un selfie, scrolle son wall, surfe sur la Minute Buzz et poste un insta. En même temps ! On dirait qu’il a plusieurs bras, c’est Shiva 3.0. Vous pensez : « si seulement il était aussi efficace à l’école… » Profitez-en pour une petite remise à niveau. Vous verrez que vous aussi vous deviendrez accro aux filtres animés Snapchat.

La musique

Vous avez pourtant essayé de l’initier dès son plus jeune âge à John Coltrane, Nick Cave ou Claude Nougaro. Et puis Justin Bieber est arrivé avec sa mèche, suivi de près par les One Direction. Avouez que vous commenciez à trouver « stylé » le morceau What Makes You Beautiful à force de l’avoir entendu 5 mille fois. Oui, sauf que c’est « has been » tout ça maintenant. Ça ne passe plus crème du tout. Désormais, c’est Maître Gims, la hype ado qui va chanter en boucle dans votre autoradio : « Sapés comme jamais (jamais), Loulou et Boutin, Coco na Chanel. » Ne prenez pas peur lorsqu’il hurle avec ses petits copains de la Sexion d’Assaut : « j’ai pêté les plombs, j’ai quitté l’école, c’est ma direction ». Votre enfant n’ira pas brûler des voitures. Après une étude de texte approfondie, cette chanson est très positive : elle retrace le parcours d’un enfant qui s’est fait tout seul, qui, le « dos au re-mu », n’a pas eu d’autre choix que d’avancer. Une vraie leçon de vie. Il faut toujours déchiffrer les paroles même si ça prend un temps fou. Ça s’appelle l’ouverture d’esprit parentale.

La mode

Expression de son identité et de son appartenance à un groupe, le style est capital pour un ado. Vous avez bien tenté de lui refourguer votre doudoune Chevignon si durement acquise à l’aube de vos 13 ans. Seulement, le roi de la récré d’hier n’est plus celui d’aujourd’hui. Au placard le colvert. Sans vouloir vous vexer, il s’est passé plus de 30 ans, entre. Il acceptera volontiers vos polos Ralph Lauren, à la limite vos Weston quand il aura 20 ans (et encore). La combinaison magique ? Jog Loose Terry de Sweet Pants, jean Eleven, polo, chemise, pull ou tee-shirt Abercrombie & Fitch, (l’important est qu’il y ait le petit élan quelque part) et aux pieds : des Vans (en priorité), des Stan Smith ou des Nike ID. Et là, votre enfant sera « chaud de night » sur tout ce que vous lui demanderez. Hashtag-c’est-promis.

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Article par Hélène Claudel
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