écrit le 12 octobre 2017
modifié le 30 octobre 2017

Kingsman, la poule aux œufs d’or

Le nouvel opus de Kingsman rivalise avec James Bond aussi sur le placement de produits. Un défilé de marques investissent le grand écran à tel point qu’on se demande s’il s’agit bien encore d’un film.

Très fine parodie de James Bond, le premier Kingsman sorti en 2014 a séduit par son humour so british et ce malgré un passage apocalyptique qui pourrait laisser penser que Tarantino est un enfant de chœur comparé à Matthew Vaughn. À Monsieur néanmoins, nous avions adoré et Colin Firth pouvait envoyer se rhabiller l’autre agent de sa Majesté tant son élégance était remarquable. Seule erreur fatale du scénario, Harry Hart, le Kingsman, mourrait à la fin du film.

Cette petite étourderie du scénariste, Matthew Vaughn ne s’en est pas du tout embarrassé. Ainsi Colin Firth ressuscite dans Kingsman : Le Cercle d’or, ce qui ravit tout le monde. Dans ce second opus, les « Kingsman » dont fait maintenant partie Eggsy, incarné par Taron Egerton, doivent faire face à la destruction de leurs bureaux de Londres et s’unissent aux services secrets américains pour lutter contre le spectre, pardon Statesman. « Toute ressemblance… », comme on dit.

Film ou label masculin ?

Drôle, filmé avec talent, Kingsman : Le Cercle d’or ne vous fera pas passer un mauvais moment. Ce qui est fascinant, c’est que Vaughn rivalise avec le producteur « Cubby » Broccoli sur un autre de ses talents : le product placement. À tel point que Nick Foulkes s’est interrogé dans un article du supplément du Financial Times sur le fait de savoir si Kingsman était un film ou un label masculin.

De Huntsman à Deakin & Francis, Hunter ou Drake’s, Cutler and Gross, George Cleverley, Orlebar Brown… Kingsman : Le Cercle d’or fait la part belle aux marques anglaises, « I wanted to champion great british brands », a déclaré le réalisateur qui parle de partenariats et justifie ses choix par la cohérence. « Dans Cercle d’or ce ne sont pas les marques qui paient le plus qui sont à l’écran… »

Enfin, c’est sans doute parce que l’industrie horlogère britannique n’existe plus que Kingsman porte la nouvelle TAG connectée Modular 45. Et bien évidemment, par cohérence, que les Américains boivent du bourbon Old Forester et s’habillent chez Jean Shop où l’on peut admirer l’incroyable ceinture dont la boucle est une flasque…

C’est sur le site mrporter.com qu’on retrouve à la vente toutes les séries de produits Kingsman : du parapluie Swaine Adeney Brigg au vetiver Azzi Glasser jusqu’aux bottes wellingtons Kingsman Hunter sans oublier le single malt Kingsman Glendronach 25 ans d’âge à 550 € tout de même.

« We are not interested in fashion »

Quand des observateurs experts avaient fait remarquer à Vaughn que le costume croisé n’était plus à la mode, il avait répliqué « We are not interested in fashion », ce qui avait cloué le bec des fashionistas mais qui était certainement un gros mensonge car, après le premier film, le costume croisé est revenu en force.

Avoir réussi à réunir autant de marques de qualité autour des acteurs de Kingsman : Le Cercle d’or est la preuve que Matthew Vaughn non seulement maîtrise bien le sujet mais s’en amuse avec un humour tout britannique. Bientôt Kingsman pourra imposer son propre warrant à ses fournisseurs et concurrencera le prince de Galles… Signe des temps mais respect !


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Article par François-Jean Daehn
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