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écrit le 13 juin 2018
modifié le 18 juillet 2018

Les confidences de Patrick Pruniaux, CEO d’Ulysse Nardin

À la barre d'Ulysse Nardin (Groupe Kering) depuis plus de 6 mois, Patrick Pruniaux a déjà clairement donné son cap. Mais ce sportif, passionné de montres depuis l'adolescence, spécialiste du marketing, avec des expériences multiples dans l'horlogerie ou les spiritueux en passant par Apple, sait que le succès est le fruit d'une course d'endurance.

Patrick Pruniaux


Patrick Pruniaux

Comment définissez-vous la marque aujourd’hui?

Ulysse Nardin est une manufacture d’avant-garde inspirée par l’univers marin et proposant des garde-temps aux amoureux de liberté.

Quelles sont vos ambitions pour Ulysse Nardin?

Lorsque j’ai pris la direction de la maison Ulysse Nardin en septembre 2017, j’ai découvert une manufacture dont les expertises sont uniques et qui a la capacité de créer des produits de très haute qualité. Ulysse Nardin est l’une des rares manufactures à être dotées de l’expertise interne nécessaire à la production de ses propres composants et mouvements haute précision. Elle possède un héritage précieux, un capital humain puissant et une base de consommateurs loyaux qui comprennent ses produits. Ulysse Nardin n’a jamais été une marque «marketing» et a toujours été discrète vis-à-vis de ses projets et de son savoir-faire. Cette sobriété et cette humilité sont des atouts de taille pour elle car ce que recherchent les consommateurs d’aujourd’hui, c’est une forme de vérité. Je compte bien perpétuer ce qui a forgé les valeurs de la marque. Je souhaite maintenir ce savant mélange de classicisme et de modernité, tant au niveau du design que de la micromécanique. Chaque produit doit pouvoir en être un.

Ulysse Nardin est connu pour son rôle pionnier et innovant dans l’histoire de l’horlogerie. Dans quelle direction vont la recherche et le développement de votre manufacture aujourd’hui?

Il y a un effet de mode à parler d’innovation dans l’horlogerie. À vrai dire, pour Ulysse Nardin, l’innovation fait partie intégrante de notre culture d’entreprise. C’est dans ce sens que les équipes de recherche et développement travaillent sur la collection Freak. Nous venons d’ailleurs, tout dernièrement (NDLR: au SIHH de Genève en janvier dernier), de lancer 4 pièces Freak Out: l’ADN de la Freak est préservé – pas de couronne, pas de cadran ou d’aiguilles et le  fameux tourbillon «carrousel volant» qui indique l’heure – mais avec un prix plus abordable de 48000 CHF (env. 40000€) grâce à l’exécution en titane.

«Il n’y a rien de plus technologique qu’une montre mécanique»

Verra-t-on un jour une montre Ulysse Nardin connectée? Si oui, pourquoi?

Non, je ne pense pas qu’il y ait une quelconque valeur ajoutée pour Ulysse Nardin de produire une montre connectée, car je ne vois pas ce qu’elle pourrait apporter en plus au consommateur final. S’il n’y a pas de bénéfice client réel, et qu’il s’agit juste d’une histoire marketing – ce qui est exactement l’inverse des valeurs d’Ulysse Nardin – je ne le ferais pas. Je crois en l’horlogerie mécanique. Je trouve qu’il n’y a rien de plus technologique qu’une montre mécanique.

L’univers marin restera-t-il votre territoire d’expression principal?

Absolument. Notre inspiration est et restera la mer. Nous allons passer de l’ode au mouvement de la vague à l’apologie de la liberté et de la disruption, un décalage qui est une valeur forte de la marque. Ulysse Nardin est une marque saillante, pour les audacieux et les anticonformistes. Nous essaierons d’interpeller, d’être plus subversifs. Mais toujours en renforçant ce lien marin dans l’imaginaire de nos clients et prescripteurs.

Par quelles étapes passe votre stratégie de conquête des nouveaux marchés?

Je crois que la beauté d’une marque comme Ulysse Nardin réside dans le fait qu’elle performe bien malgré les hauts et les bas de l’industrie horlogère. En effet, nos clients sont des connaisseurs, des experts, qui valorisent la qualité et l’innovation. Les États-Unis, la Russie et la Chine sont des marchés clés pour Ulysse Nardin. Historiquement, nous sommes très forts aux États-Unis et en Russie. La Chine, en revanche, représente un grand potentiel de développement.

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Propos receuillis par Frédéric Brun
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