écrit le 20 septembre 2017
modifié le 13 décembre 2017

Mes chaussettes rouges : les papes du mi-bas

En sept ans, la maison mes chaussettes rouges s’est imposée sur la toile comme le spécialiste du mi-bas haut de gamme. Couleurs, qualité, style et innovations sont les ingrédients de cette success-story, entre amis.

Tout a commencé grâce au Pape. En 2009, Vincent Metzger et Jacques Tiberghien, deux amis de prépa, sensibles à l’élégance en général, décident de s’intéresser de plus près à ses mi-bas, rouges. C’est l’époque des dessins de Plantu représentant Édouard Balladur avec cette unique touche de couleur aux chevilles. L’homme politique est en effet un inconditionnel de ces chaussettes papales qu’on ne trouve qu’à Rome, chez Gammarelli rue Santa Chiara. Depuis sept générations, la famille perpétue l’art du beau et du fait main.

C’est le début d’Internet. Leur diplôme en poche – ESCP pour Jacques, HEC pour Vincent –, les deux amis sont convaincus que « l’objet d’une personnalité amuse forcément et intéressera ». Et, plutôt que l’Aston Martin de James Bond, s’ils se concentraient sur les « chaussettes du pape » ? C’est quand même plus accessible. Surtout que Vincent et Jacques sentent une demande. Ils décident de se lancer, d’abord en faisant un test sur une cinquantaine de paires. Un succès ! La première commande les met en rupture de stock. Leur intuition se confirme. Direction Rome. Ils négocient avec la famille Gammarelli la distribution physique et en ligne partout dans le monde sauf à Rome. C’est le lancement de l’e-shop Mes Chaussettes Rouges. L’offre se limite, alors à trois modèles : le rouge des cardinaux, le violet des évêques et le noir des prêtres. Mais Vincent et Jacques voient grand. Ils se rapprochent du regretté tailleur Alain Stark, qui confectionne les habits des académiciens, et lancent avec lui une chaussette de ce même vert tirant sur le jaune, sous le nom de MazarinGrand Faiseur. Un hommage au cardinal qui réalisa le bâtiment du Collège des Quatre-Nations abritant aujourd’hui l’institut de France. Le plus beau fil d’Écosse est utilisé. La gamme de couleurs s’élargira très vite du vert passant au noir, chocolat, bleu marine… Mais c’est surtout les teintes fantaisie – vert pomme, corail, framboise, jaune vif – qui viendront donner du pep’s à ces mi-bas traditionnellement assez tristes et classiques.

En 2011, la marque intègre les motifs en devenant le premier distributeur en Europe de l’Italien Bresciani. Pieds-de-poule, chevrons, damiers se verront déclinés dans de nombreuses couleurs. L’idée des fondateurs : devenir le spécialiste du mi-bas le plus complet possible. Gallo, le bonnetier italien plus attaché à la mode et aux saisonnalités, viendra s’ajouter à la palette des propositions. Suivront les chaussettes de chasse anglaise Pennine, puis les créations invisibles et mi-mollet Doré-Doré.

Jacques Tiberghien et Vincent Metzger, les fondateurs de Mes Chausettes Rouges

Les deux entrepreneurs sont à l’écoute du monde qui les entoure. Si les mi-bas sont la règle chez Mes Chaussettes Rouges, les « mi-hautes », comme on dit dans le jargon bonnetier, ne sont pas en reste. « L’évolution de la coupe des pantalons, plus fittés, exigent des chaussettes plus basses », explique simplement Jacques.

En 2012, la marque croule sous les chaussettes. La gestion des stocks prend de la place lorsqu’on a autant de références. C’est le moment d’ouvrir une boutique physique, rue César Frank, dans le XVe arrondissement. Une complémentarité à l’e-shop qui apportera un retour d’expérience réel des clients. Jacques et Vincent comprennent que certains d’entre eux attendent d’une chaussette, une durée de vie plus longue que celle qu’offrent les matières naturelles. Ils lancent une seconde gamme : les Super-Solides. Un fil de coton déjà plus épais est tricoté à un autre en polyamide. Pour s’assurer de la résistance optimale de leurs chaussettes, les fondateurs, jusqu’au-boutistes, leur font passer le test Martindale, traditionnellement utilisé dans l’ameublement. Pari réussi : un tel niveau de robustesse n’aurait jamais été atteint. Autant dire que vous pourrez en faire des kilomètres. Des unies, des vanisées à deux fils, au total une douzaine de couleurs.

Ayant affaire à des clients qui voyagent, la marque décide de « glamouriser » les bas de contention, réputés pour être très laids. Le côté brillant du polyamide est supprimé. Que ces chaussettes soient à motif damier ou unis, un aspect mat leur rend toute l’élégance dont un gentleman a besoin lorsqu’il voyage. Mes Chaussettes Rouges ne semble pas à court d’idées pour les innovations dès lors que le confort et l’esthétique peuvent se combiner. La marque n’est pas à court d’ambition non plus. L’année dernière, elle rachète une e-boutique, concurrente : Upper Sock. Au programme, des maisons complémentaires italiennes comme Sozzi Calze, Palatino…

Lorsqu’on demande aux deux fondateurs « Quid de la chaussette française ? » Ils nous répondent à l’unisson, que « l’Italienne est plus fine, moins rustique ». Fin du débat. En revanche, ils nous parlent de la chaussette américaine ou plutôt de la chaussette du new-yorkais William Abraham dont ils viennent aussi de racheter l’e-shop. « Là, c’est la haute couture de la chaussette, explique Vincent. C’est la jonction entre une paire de chaussure bespoke et un costume sur-mesure. » En effet, le créateur a une approche très esthétique de la chaussette et, le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il ne fait pas dans la demi-mesure question matière. Cachemire, poil de cerf de Nouvelle Zélande, vigogne-vison, coton du Belize-cachemire… Comptez entre 60 et 1 300 $ la paire. De quoi être vraiment exhaustif sur le marché de la chaussette de luxe et satisfaire les clients les plus exigeants.

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Article par Hélène Claudel
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