Style > Chaussures
écrit le 16 mars 2019
modifié le 28 mars 2019

Mephisto, pourquoi ça marche ?

Jusque-là jugées ringardes par les fashionistas, voilà que les chaussures made in Moselle séduisent une jeune garde branchée friande de « dad shoes » un brin désuètes. Explications d’un succès pas du tout prémédité.

Il y a quelques années, on ne la voyait pas franchement aux pieds des jeunes premiers. La Mephisto, chaussure française privilégiant le confort et la durabilité à la grande valse des tendances, habillait leurs aînés. Voire les aînés de leurs aînés.
Sauf que ce soulier qui n’a jamais été – ni souhaité être – à la mode, l’est devenu malgré lui avec l’avènement des « Dad shoes » (les chaussures de papa) et des « outdoor shoes » (les chaussures de marche) mais aussi avec la tendance « normcore » qui persiste avec ses silhouettes inspirées des années 90.

Bien dans ses baskets

Sur les podiums et aux pieds des modeux les plus pointus, on ne voit que ce type de modèles. Des chaussures faisant fi de l’esthétisme, tout-terrain, massives et confortables, qui renvoient le message suivant : celui qui les porte est, au propre comme au figuré, bien dans ses baskets. Il prône son bien-être et n’a que faire des fashion diktats de la mode.

Mephisto n’avait pourtant rien demandé. Fondée en 1965 par Martin Michaeli, la firme alsacienne produit d’abord des souliers de ville. Une centaine de paires en cuir pleine fleur, pour hommes et femmes, sont fabriquées chaque jour à la main par les ouvriers de Sarrebourg. Le carnet de commandes grossit et l’entreprise se développe jusqu’au constat de son fondateur qui décide de virer de bord.

« Moderne, mais pas à la mode »

« Un produit à la mode est décidément trop cyclique. Si vous ratez une saison, si vous passez à côté d’une tendance, alors c’en est fini de vous », estime Martin Michaeli, qui décide d’être « moderne, mais pas à la mode ». Mephisto se focalisera dès lors sur les chaussures de loisirs au début des années 1970. La marque crée les Raglers, un modèle hybride entre la basket et le soulier de cuir, et traverse les frontières.

Désormais, les Mephisto Originals sont portées par des jeunes au style pointu. Qui l’eut cru ?

Plus tard naît un autre modèle emblématique : les Trampolins. Elles intègrent la technologie Soft-Air, qui réduit les chocs liés à la marche et font le bonheur des randonneurs. Mephisto démocratise aussi le cousu norvégien et le montage Goodyear, réservés habituellement aux souliers de luxe.

Ventilation du pied

Ses cuirs – uniquement pleine fleur – sont sélectionnés avec soin, teintés aniline, et chaque modèle est issu d’une même peau. La firme multiplie les modèles taillés pour les aventuriers (chaussures de trekking, montagne, etc.) comme pour les sportifs du dimanche (baskets d’aérobic). Elle met au point le système Air-Jet dans les années 1980, qui permet une meilleure ventilation du pied grâce à sa semelle à coussin d’air.

D’autres innovations technologiques suivront pour favoriser le confort du porteur car, comme le clame le slogan de Mephisto, « marcher, c’est vivre ». Aujourd’hui, le fleuron mosellan a bien grandi. Les enfants de Martin Michaeli, Stéphanie et Marc, continuent de développer l’entreprise qui compte 900 boutiques et une présence dans 90 pays. Chaque jour, elle produit 20 000 paires de souliers et écoule 4 000 Originals, son modèle phare.

Adoubée par les stars

Un succès considérable pour l’entreprise alsacienne qui, star malgré elle, a séduit tout au long de son histoire une kyrielle de célébrités, sans pour autant s’en targuer. « Je porte les meilleures chaussures au monde », se vantait Sean Connery. Ce sont bien des Mephisto dont parle l’illustre agent de sa Majesté.

Arnold Schwarzenegger a acheté 14 paires du même modèle, quand le ténor Luciano Pavarotti en faisait des razzias par dizaines ! Clint Eastwood, Robert De Niro, Tom Cruise, Harrison Ford, George Clooney, Steven Spielberg… Tous sont des « Mephistophiles ». Même le pape Jean-Paul II, ne quittait pas ses Mephisto ! Peut-être bien sur les conseils de Saint Crépin ?

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Article par Romane Sinibaldi
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