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écrit le 4 décembre 2018
modifié le 4 décembre 2018

Les modes passent, Mettez reste

Depuis des décennies, la maison est une institution parisienne de l'art de vivre – chic – à la campagne avec sa sélection pointue de pièces autrichiennes et anglaises. Un style immuable qu'Alain Frances défend avec passion. À découvrir absolument.

Chez Mettez, il y a des trésors que l'on ne trouve nulle part ailleurs comme cette veste de chasse Saint-Hubert avec pèlerine ou (à droite) ces vestes autrichiennes à col officier encore fabriquées dans le Tyrol.


Chez Mettez, il y a des trésors que l'on ne trouve nulle part ailleurs comme cette veste de chasse Saint-Hubert avec pèlerine ou (à droite) ces vestes autrichiennes à col officier encore fabriquées dans le Tyrol.

Tiens, la campagne boulevard Malesherbes ! ». C’est ce qu’on se dit devant les vitrines Mettez et leur belle mise en scène champêtre. À l’intérieur, même univers. On est accueilli par les trophées et autres bois de cerf, par des plumes, des cravates aux milles bestiaires et par un sourire. Celui d’Alain Frances. Depuis 1970, il est le gardien de cette institution parisienne spécialisée dans le vêtement d’inspiration chasse, dernière ambassade du style anglais et surtout autrichien.

Alain Frances, entouré de Pierre Sabouret et de son neveu Simon Frances, sont les gardiens du temple.

La seule qui ait survécu aux naufrages successifs d’Old England, Novasport, Gastinne Renette, Saillard… Son histoire est ancienne et remonte à 1847, lorsqu’Alphonse Mettez ouvre, place de l’Hôtel de ville, un atelier de bâches imperméables pour abriter les voitures et engins agricoles ou pour recouvrir les meules et les récoltes.

La confection de capote

Très vite, ces toiles s’étendent à toute profession nécessitant un matériau résistant de protection (militaires, mariniers, charretiers, cultivateurs, etc.). Puis, c’est la révolution des transports. Gaston succède à son père ; il se spécialise dans la confection de capotes pour les premières autos et, avec l’essor de l’aviation, de toile enduite pour les ailes des premiers appareils.

En 1936, un mois après son arrivée au pouvoir, le Front populaire généralise les congés payés. C’est le début des loisirs de masse. Mettez, qui est devenu Ets Veuve Mettez, après la mort de Gaston, se diversifie avec des tentes de camping et de plage et, surtout, avec des vêtements de chasse : pèlerines et blouses de rabatteurs deviennent ses produits phare.

En 1956, la boutique déménage boulevard Malesherbes. À cette époque, Mettez appartient à Élie Frances qui en fait un temple du sportswear chic à l’accent autrichien. Les mots d’ordre : authenticité, tradition et culture. Et c’est toujours cette ligne que son fils, Alain, poursuit des décennies plus tard. Un art de vivre à la campagne, chic et singulier, qu’il défend, aujourd’hui entouré de Pierre Sabouret, le jeune directeur de boutique, et Simon Frances, son neveu.

Des vestes en tweed aux plumes ornementales, Mettez couvre l’ensemble du style de vie chasse et campagne.

Les trésors fourmillent 

« Il ne faut surtout pas changer, explique le maître des lieux. Face à un monde uniformisé, nous proposons une silhouette non conventionnelle loin des modes éphémères et de ses diktats. » Ici, rien n’est imposé. Tout est à découvrir. Sitôt le seuil franchi, le client est étourdi par le joyeux fouillis, camaïeux de vert et de brun, par ce choix prolifique à l’opposé du minimalisme des boutiques d’aujourd’hui. « Nos clients viennent parce que nous proposons un style pointu et surtout des pièces qu’ils ne trouvent pas ailleurs », ajoute Alain.

En effet, les trésors, chez Mettez, fourmillent. Pour qui aime les belles coupes et les matières qui ont de la main, l’adresse est la caserne d’Ali Baba. Où trouver le véritable Loden, en laine et alpaga, celui made in Tyrol, avec le pli d’aisance dans le dos et les ouvertures sous les bras ? Et les gilets ou vestes autrichiennes à col officier et martingale chez Schneiders ou Habsburg ? Et les knickers en peau, tweed ou velours ? Il n’y a qu’ici que vous trouverez la « Saint Hubert », veste de chasse avec sa pèlerine amovible en coton et lin. Un tissu exclusif à la maison qui gonfle au contact de la pluie. Alain Frances est aussi allé outre-Manche pour nourrir le style intemporel de cette institution parisienne.

« Il ne faut surtout pas changer, explique Alain Frances. Nous proposons une silhouette non conventionnelle loin des modes éphémères et de ses diktats. »

Le vrai trench-coat anglais à manches raglan Grenfell, si rustique et si chic, est ici, juste à côté des vestes en tweed made in Scotland. Plus loin, l’authentique manteau de chasse, la « field coat », de chez Chrysalis. Là, le mur des pulls écossais 100% lambswool avec une si jolie palette de coloris, ici la pureté de ceux conçus en poil de chameau de William Lockie.

En revanche, les pantalons en flanelle, tartan ou whipcord sont français, signés Bernard Zins. Et on ne vous parle pas de tous les accessoires pour la chasse, sacs de battue, flasques, thermos, poches à cartouches conçus par Alexandre Mareuil à Bordeaux. Ni des blaireaux ornementaux, des boutons de manchette, des casquettes irlandaises, des chaussettes de chasse et autres écharpes en cachemire… Tous raffinés et de grande qualité. Si Mettez reste fidèle à son style en le renouvelant sans cesse, la maison, sous l’impulsion de Pierre et Simon, la jeune génération, passe à l’ère digitale. Une e-boutique vient d’ouvrir présentant tous leurs best-sellers de la maison. Une nouvelle qui ravira les nombreux provinciaux, même si rien ne remplacera pour eux une petite visite chez Mettez à chacun de leur passage à Paris.

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Article par Janis Burton
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