savoir-vivre > Les tables de Monsieur
écrit le 12 février 2020
modifié le 28 février 2020

Montezuma ou la gastronomie en haute fidélité

Situé à un jet de pierre du Palais Brongniart, Montezuma est une adresse à noter dans votre « To Eat List ». Pour les amateurs de bons petits plats et de bon son.

©Montezuma Café


©Montezuma Café

On parle ici d’un véritable bar à vin « audiophile » – concept assez peu décliné dans la capitale – qui va, à coup sûr, stimuler bon nombre de vos sens, qu’il s’agisse du contenu de votre assiette ou de votre verre mais aussi de vos oreilles. Il n’y a sans doute qu’ici que l’on peut déguster un délicat poulpe à la méditerranéenne au son d’une balade de Joan Baez tout en sirotant un chenin de Gildas Béclair, un goûteux nectar blanc bio (la spécialité du lieu) qui prend des airs de cidre brut (sans les bulles). L’ambiance du lieu est clairement « craftsmanshift » chic grâce à un mobilier judicieusement choisi et dessiné avec soin en contreplaqué blond, verni par un ami ébéniste.

Une véritable invitation à la caresse, au toucher, du comptoir aux étagères rectilignes en passant par les accueillantes et anguleuses banquettes du rez-de-chaussée, un brin spartiates cependant. À l’image de ceux qui accueillent le visiteur dès son entrée, des coussins de velours vert anglais viendront certainement les envahir sous peu. « Work in Progress », me souffle-t-on.

La musique est ici reine que ce soit au service de midi, ou elle sait se faire discrète, ou le soir quand on monte le son. Bon nombre de voisins-clients ou d’amis fans de vinyles viennent y mixer. Les amateurs de bon son se rassemblent au sous sol dans une pièce haute fidélité magistralement équipée d’enceintes géantes intégrées de toute beauté.

Un espace équipé « comme un croiseur en campagne » : enceintes Klipschorns des années 90 dénichées chez un ancien imprimeur passionné de musique à Lyon. Ampli Macinstosh et préampli à lampe homemade par Christophe Casatejada de Audio Conseil à Saint-Étienne.

Ici, tout respire la simplicité, la tranquillité active, la générosité. Du velours. Encore. Mais aussi une certaine élégance. Des valeurs intimement liées à la personnalité de Louis, le propriétaire et de Théophile son associé, tous deux anciens du Verre Volé mais aussi Julie, ancienne « Cheffe » du Dauphin. Ici, on travaille entre copains pour ne pas dire en famille. Sans stress apparent, en toute décontraction.

Enfin, la qualité, et c’est important, est ici à prix accessible. La Bourse n’est pas loin mais la vôtre ne subira pas les affres d’une addition trop sévère.

Un seul regret, devoir quitter le lieu sans avoir pu glisser son nez dans les bacs de Vinyles ou explorer davantage la cave bibliothèque qui s’élève derrière le bar et monte jusqu’au plafond. On reviendra, donc.

Pour stimuler ses papilles avec la soupe de cresson de saison, peut-être un titre de Neil Young, particulièrement en vue dans le panthéon artistique de la sympathique équipe. Son « rad » est d’ailleurs baptisé en l’honneur de son célèbre album Zuma with Crazy Horse à la pochette délicieusement psychédélique (1975). Un de ses meilleurs albums aujourd’hui. À écouter et déguster où vous savez désormais.


Où ?

Montezuma Café
15, Rue Notre Dame des Victoires, Paris II
01 75 57 39 16

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Article par Nicolas Dumontier
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