Conseils > Comment bien s’habiller
écrit le 30 avril 2019
modifié le 30 avril 2019

Peut-on changer de style ?

Notre garde-robe évolue en même temps que notre âge et notre parcours de vie. Parfois, la volonté d’un tournant stylistique se fait sentir. Attention toutefois aux virages à 180°.

Les héros d’Amicalement Vôtre, l’un homme d’affaires américain, l’autre aristo anglais, auraient difficilement pu échanger leur style.


Les héros d’Amicalement Vôtre, l’un homme d’affaires américain, l’autre aristo anglais, auraient difficilement pu échanger leur style.

Expression et affirmation de soi, le style révèle l’homme. Qui il est vraiment. Pour autant, le vestiaire évolue au gré du parcours et de l’environnement de chacun : combien ont osé franchir le cap pour changer de style ? La démarche peut être vertueuse, à condition de bien se connaître… et d’assumer. Pourquoi Danny Wilde, l’homme d’affaires sorti des bas-fonds new-yorkais ne s’inspirerait pas de son acolyte Lord Brett Sinclair, parangon d’une aristocratie anglaise déchue… et réciproquement ?

L’exemple des deux héros d’Amicalement Vôtre peut paraître caricatural mais il reflète cette impérieuse envie de trouver un style, son style en accord avec son propre style… de vie ! Transformer sa garde-robe n’est pas le fruit d’une décision hasardeuse mais mûrement réfléchie et s’inscrit dans une quête très personnelle. Cela suppose une connaissance approfondie de soi, de son corps, de sa personnalité… et surtout, une volonté d’assumer ses choix.

UNE QUÊTE IDENTITAIRE

Outre leur penchant insatiable pour les belles fringues, les hommes les plus stylés au monde sont ceux qui se connaissent le mieux. Ils savent parfaitement ce qui valorise leur physique comme leur personnalité. Alors que l’élégance est une affaire de distinction, de savoir-vivre et de (maîtrise des) codes, le style renvoie à une quête beaucoup plus personnelle, identitaire et intime. Bien se connaître pour mieux casser… les codes.

Chemin plus complexe que compliqué, changer de style suppose quelques précautions :

1) Évitez les – grands – écarts stylistiques, sauf si vous assumez la mutation. Allez-y en douceur : il est plus aisé de passer du formel au casual que du dandysme au workwear.

2) Inspirez-vous sans copier. Vous êtes et restez unique ! Ce n’est pas parce que vous êtes féru de style anglais, de chevaux ou de nœuds papillon, qu’il faut coûte que coûte tenter de ressembler à Philippe Noiret.

Un homme qui a du style est protéiforme : workwear, BCBG, dandy, casual, classique, streetwear, rétro, tous les styles sont dans la nature… sans pour autant être naturels ! Passer de l’un à l’autre ou mélanger l’un et l’autre relève sinon de la péripétie, du moins de l’audace.

DES TRANCHES DE VIE

Enfiler la semaine l’uniforme costume-chemise-cravate et arborer le week-end ou en soirée un tee-shirt uni sous un blouson en cuir cintré marron foncé avec un jean fitté particulièrement délavé n’est pas seulement une gageure, c’est parfois une nécessité. Changer de style, c’est aussi ce plaisir d’incarner, par son look, des tranches de vie. La volonté revendicatrice procède également de ce besoin de transformation.

S’habiller « eco-friendly » de la tête aux pieds un jour, endosser un pantalon de couleur vive ou porter une rutilante bague tête de mort avec un costume sombre façon Hedi Slimane un autre jour, reflète une prise de position, une nécessité de transmettre un message.

Comme disait Sénèque : « Le style, c’est le vêtement de la pensée ».

Un ami avocat très distingué m’avouait récemment qu’il était passé de l’adolescence versaillaise empreinte de « BCBGisme » (mocassins Weston, 501, polo Lacoste et trench Burberry) à l’uniforme preppy (chino beige, chemise Oxford button-down, blouson en coton) pour aboutir, à la quarantaine assumée, à un mélange casual chic mâtiné de sprezzatura napolitaine (sneakers, pantalon cargo, chemise chambray, veste croisée) avec quelques penchants ponctuels pour le workwear à la manière de l’influenceur Alessandro Squarzi !

Changer de style comme de chemise… tant que la chemise vous sied, c’est le principal ! Le bon style est le reflet de votre style de vie. Aussi longtemps que votre entourage vous assènera au sujet de votre look des remarques du style : « Ça, c’est vraiment toi », considérez la mue comme réussie.

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Article par Patrice Brandmeyer
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