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écrit le 30 mars 2020
modifié le 2 avril 2020

La Musique adoucit les mœurs

Pour garder le moral et lutter contre l'ennui du confinement, le violoniste partage sur les réseaux sociaux (@rcapucon) des mini-concerts privés tous les jours en se filmant chez lui. L'occasion de revenir sur notre rencontre avec ce virtuose, plutôt habitué à voyager.

Renaud Capuçon, un musicien moins classique qu’il n’y paraît. (Photo Simon Fowler)


Renaud Capuçon, un musicien moins classique qu’il n’y paraît. (Photo Simon Fowler)

https://www.instagram.com/tv/B9_s4xGBZCf/

Quel est l’élément qui caractérise votre style ?

Mon violon, évidemment. Un Guarnerius de 1737. C’est un objet merveilleux, qui a été joué pendant 50 ans par Isaac Stern. Même si on arrive à acquérir un instrument, il n’est jamais vraiment à vous, c’est comme une oeuvre d’art. C’est toute la beauté de la chose. Je l’ai choisi en fonction de sa sonorité qui me plaît. Une vraie rencontre qui bouleverse votre vie. J’ai pour lui plusieurs foulards de soie, pour le recouvrir et le protéger dans son étui.

Le smoking est votre bleu de travail. comment le choisissez-vous ?

C’est en effet l’une des tenues formelles que le public attend pour la musique classique, avec le frac pour les grands concerts. Pour jouer, j’ai des smokings noirs, de coupe droite, dans des tissus légers et respirants. C’est toujours agréable de s’habiller ainsi, non seulement par respect pour la musique et pour le public, mais aussi pour soi-même. Mais toujours avec un vrai noeud papillon, pas une petite cravate noire toute fine ! Lors de grandes occasions, pour sortir avec ma femme (Laurence Ferrari, NDLR), je me suis fait faire un smoking spécial : il est bleu marine. Le noir, c’est pour la scène.

Vous évoquez les tissus. Aimez-vous les choisir ?

Je m’y intéresse de plus en plus ; du moins quand j’en ai le temps. J’aime les matières souples et confortables, mais qui ont de la tenue et ne brillent pas trop sous les éclairages de scène.

Votre dernière acquisition ?

Une très belle veste, confortable et quasiment infroissable, faite pour moi par Salem Mekdoud, un formidable maître tailleur qui a créé son atelier, Héritage Mesure, rue du Faubourg-Saint-Honoré.

Avez-vous d’autres griffes de prédilection ?

Pour les chemises et les polos, je suis fidèle à Lacoste. Pour la plupart de mes costumes et blazers, je fais confiance à Ermenegildo Zegna.

Et pour vos souliers ?

Un autre sujet que j’aime bien… j’ai trouvé un modèle très souple chez Zegna dans lequel je suis très bien. Sinon, ce seront les mocassins Tod’s.

Vous voyagez beaucoup. Comment vous organisez-vous ?

J’emporte une valise à roulettes très légère de Rimowa et un porte-habits pouvant contenir jusqu’à 4 costumes. Pour le travail, je fais mes bagages en quelques minutes. Je sais exactement ce qu’il me faut. Pour les vacances, ça se complique… et il y a les livres en plus.

Vous aimez aussi écrire. Surtout au stylo ?

C’est une passion. Les objets d’écriture sont le prolongement de la pensée et de la main. Je suis sans cesse en train de prendre des notes, notamment avec mon portemine Caran d’Ache. Pour la correspondance, j’utilise toujours une plume. Monsieur Vadon, propriétaire de la si belle boutique Makaire à Aix-en-Provence, est de bon conseil. Je profite de la préparation du Festival de Pâques (dont Renaud Capuçon est le créateur et le directeur artistique, NDLR) pour y aller. J’aime aussi les carnets, en particulier ceux de Smythson. Enfant, j’attendais avec impatience la rentrée des classes pour ses nouvelles fournitures scolaires : cahiers neufs, crayons bien taillés.

Votre temps est compté. Comment le mesurez-vous ?

Pour le maîtriser, il faut parfois être un peu organisé. Ce que j’aime le moins, c’est l’anxiété ou la précipitation, source de risque et d’erreurs. J’aime avoir du temps, c’est pour cela que j’arrive en avance avant un concert. Quant à le mesurer… Vous avez deviné mon goût pour les montres. Le mariage de l’élégance de la forme et de la précision d’une si petite mécanique me fascine. Les montres ont leur rythme. C’est un coeur qui bât. Et qui a une musique. Je découvre de plus en plus l’univers de l’horlogerie. J’apprécie beaucoup Jaeger-LeCoultre, Piaget ou Montblanc… Je rêverais de pouvoir collaborer avec une manufacture horlogère pour concevoir une montre.

Vous ne détestez pas les belles autos. Quelle est celle de vos rêves ?

Je rêve d’une Aston Martin des années 60. Mais je n’imagine le concrétiser que lorsque j’aurais pu offrir à ma femme et mon fils une maison à la campagne.

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Propos recueillis par Frédéric Brun
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