écrit le 26 septembre 2017
modifié le 26 septembre 2017

Rolex Sea-Dweller : l’exploration comme horizon

Montre de plongée professionnelle, l’Oyster Perpetual Sea-Dweller de Rolex célèbre ses 50 ans. L’occasion idéale pour replonger dans l'histoire de cette montre qui résiste à la pression.


Plus de 40 ans séparent ce prototype et la Sea-Dweller Deepsea de 2012. L'esprit reste le même. Offrir aux explorateurs un outil fiable et performant, capable de les accompagner dans toutes leurs plongées..

Les années 1960 sont tournées vers l’exploration. John Kennedy évoque une nouvelle frontière lors de son discours d’investiture. Soviétiques et Américains entrent en compétition pour la conquête spatiale. Le commandant Cousteau crée, avec les « Précontinents » des cités sous-marines qu’il souhaite peupler d’habitants. C’est dans cette même logique que les expérimentations américaines avec les programmes SEALAB et Tektite ambitionnent de coloniser les océans avec des Sea Dwellers, des habitants marins.

Ces essais deviennent des laboratoires de développement pour le matériel de plongée. Rolex voit alors l’opportunité de développer une nouvelle montre, la Sea-Dweller, intégrant un nouveau brevet portant le n°492 246 déposé le 6 novembre 1967. Son auteur, André Zibach, horloger d’élite, y décrit son invention : une montre étanche dotée d’une valve à hélium. Le 15 juin 1970, le brevet est finalement délivré par le bureau de la Propriété Intellectuelle de la Confédération Suisse. Les premières versions, étanches à 610 mètres (2 000 pieds) se distinguent par deux lignes inscrites en rouge sur le cadran : Sea-Dweller Submariner ou Sea-Dweller Submariner 2000. De 1971 à 1977, cet affichage singulier sera repris en alternance avec un autre composé de lettres intégralement blanches.

Au plus profond des océans
Quelques évolutions typographiques selon le fournisseur de cadran captivent l’attention des collectionneurs éclairés. Les montres intègrent le calibre 1575 modifié (19 800 alt/h et stop seconde). En 1978, la manufacture dévoile une première évolution : la Sea-Dweller 4000 (réf.16660), étanche à 1 220 mètres. Doté d’une glace saphir, le boîtier est équipé d’une valve à hélium de seconde génération, plus large. La montre est désormais motorisée par le calibre 3035. Durant une décennie, ce garde-temps fait le bonheur des plongeurs chevronnés et des amateurs avertis. En 2008, la Sea-Dweller 4000 sort du catalogue. Elle est remplacée par une version bodybuildée : la Rolex Deepsea. En 2012, avec sa « Deepsea Challenge », un modèle expérimental, le réalisateur James Cameron ira tutoyer les profondeurs des océans à -10 908 mètres.

La Sea-Dweller 4000 refait surface en 2014 (réf. 116600). La montre bénéficie des dernières innovations maison avec notamment des index et aiguilles Chromalight pour un affichage luminescent longue durée et un disque de lunette Cerachrom en céramique hightech. Son calibre 3135 certifié COSC, doté d’un spiral Parachrom, est abrité dans une boîte Oyster en acier 904L. On la trouve assez facilement sur le marché de l’occasion autour de 6 500 €. Cette année, Rolex célèbre les 50 ans de la Sea-Dweller. La manufacture en a dévoilé une évolution (réf.126600) dans un boîtier élargi à 43 mm et équipé du mouvement de dernière génération, le 3235. Le modèle se distingue esthétiquement par la présence d’une loupe Cyclope et de la mention Sea-Dweller inscrite en rouge, hommage ultime au premier modèle. Dès 1967, des prototypes portant la référence 1665, sont mis à l’eau par des plongeurs professionnels.

Chasse au trésor
Leurs points communs ? Dans la boîte Oyster de 40 mm, un mouvement 1575 anime les aiguilles et la date. Ils se distinguent de la Submariner par une résistance augmentée à 610 m et l’ajout d’une date sans loupe Cyclope. Sur leur cadran noir, la mention Sea-Dweller en rouge, ainsi que l’étanchéité maximum, 500 mètres. Ces montres dénommées « Single Red » affolent aujourd’hui les compteurs aux enchères, telle que celle adjugée par Antiquorum en 2012 pour plus de 500 000 $. D’autres exemplaires, plus nombreux mais toujours aussi recherchés, dotés d’une petite valve à hélium furent données aux professionnels de la plongée par Rolex pour obtenir leurs retours d’expérience. Sur le fond du boîtier est gravé « Patent Pending », (en instance de brevet).

Aujourd’hui, si les « Single Red » sont dans le viseur des collectionneurs fortunés, les « Double Red » intéressent les passionnés. Les Sea-Dweller portées par des personnalités ne laissent pas indifférents les collectionneurs. En 2014, celle de Philippe Cousteau est adjugée aux enchères à New York pour 183 750 $. En mai 2017, la référence 1665 de Philippe Jeannot, navigateur et plongeur à la Comex, atteint les 137 000 CHF lors d’une vente par Antiquorum. Dans les années 1970, la plongée industrielle prend son essor. Acteur majeur dans ce secteur, la Comex signe alors un partenariat avec Rolex qui fournira aux plongeurs des Sea-Dweller dès 1971. Certaines Rolex (réf. 16660) portées par ces professionnels sont estampillées du logo Comex sur leur cadran. Très recherchées, leur prix fluctuent entre 30 000 et plus du triple.


6 QUESTIONS À ANTOINE DE MACEDO
Horloger à Paris, spécialiste du vintage

1 – Quelle est la Sea-Dweller la plus recherchée ?
Essentiellement, les « Double Red » (Double Rouge) produites par Rolex entre 1967 et 1977. Les Sea-Dweller portant la mention Comex sont également très recherchées.

2 – À quel prix estime-t-on une Double Rouge ?
Plus la montre est ancienne, plus elle est chère ! Le prix d’un MK1, la toute première version, se négocie ainsi entre 50 et 70 000 €.

3 – Et les Comex ?
Là, le prix s’envole… Il démarre à 30 000 € et peut atteindre les 100 000 € !

4 – La demande de Sea-Dweller est-elle soutenue ?
Comme toutes les montres Rolex, la demande est forte même si elle est nettement moins tendue que pour une Submariner. Je vois passer en boutique une centaine de Double Rouge par an, de quoi satisfaire les clients.

5 – La Sea-Dweller subit-elle les méfaits de la contrefaçon ? 
Même si ce modèle est moins populaire que la Submariner, il n’y échappe pas. On voit régulièrement des pièces avec des mouvements modifiés dans lequel il y a peu de pièces d’origine.

6 – Quel modèle est le meilleur investissement ?
Les Double Rouge sont bien sûr les modèles les plus sexy avec la présence de couleur sur le cadran, mais la production plus récente est également très intéressante. Les derniers cadrans sont très sympas, très intéressants car plus texturés.

Si vous avez aimé, partager
Article par Dan Diaconu
Dans la même
rubrique


Les montres font leur cinéma

lire

Rolex, « le Daytona is Back »

lire

Hublot & Berluti : le chrono

lire

Les montres font leur cinéma

lire

Avec un habit et une cravate blanche, tout le monde, même un agent de change, peut faire croire qu’il est civilisé

Oscar Wilde
vous aimerez aussi
Top


Commander Monsieur #128

abonnez-vous

Découvrez toutes nos offres

acheter le numéro

version papier, numérique ou les deux



Commander Montres #110

abonnez-vous

Découvrez toutes nos offres

acheter le numéro

version numérique