écrit le 18 septembre 2017
modifié le 26 septembre 2017

Sexe & pouvoir

Le pouvoir, c’est bien connu, rend fou, l’Histoire le montre depuis la nuit des temps. Mais quand le sexe s’en mêle, il peut devenir une arme redoutable. Ou dévastatrice. DSK l’a appris à ses dépens. Empereurs, dictateurs, monarques, présidents, la liste est longue, de Caligula à John F. Kennedy, en passant par Louis XIV et Bokassa, de ces personnages ayant connu l’ivresse de ce cocktail infernal. Folie, perversions, débauches, entrez dans le grand magasin de Dimitri Casali et Antoine Auger, deux historiens qui vont vous raconter, depuis l’Antiquité jusqu’au XXe siècle, l’histoire du couple maudit, sexe et pouvoir. Une belle enquête publiée en 2009, et étayée de documents passionnants. Voici quelques extraits de certains d’entre eux. 


Sexe et Pouvoir – Les dessous de la vie des chefs, de Dimitri Casali et Antoine Auger, 189 pages, éditions de La Martinière, 30 €.

À partir de 62 ans, Mao souffre d’impuissance, ce qui mobilise l’attention de son médecin Li Zhisui. La même année, il découvre aussi qu’il est devenu stérile. « Me voilà donc eunuque ! », s’exclame-t-il. Pour traiter son impuissance, le praticien lui prescrit des injections de poudre de bois de cerf, aphrodisiaque traditionnel chinois, et de la « vitamine H3 » à base de novocaïne, mise au point par des chercheurs roumains. Les crises d’impuissance du Président disparaissent. Son ancien garde du corps, promu grand ordonnateur des plaisirs du Palais, recrute alors des jeunes femmes, de 18 à 22 ans, pauvres, orphelines ou mendiantes, vierges pour la plupart, en admiration complète devant le Président. Bien qu’âgé de 67 ans, Mao continue d’honorer ses nombreuses concubines. Jamais rassasié, il leur demande même d’inviter leurs amies pour participer aux ébats. Li Zhisui, son médecin, raconte qu’« il n’y a jamais assez de place dans son immense lit pour accueillir tout le monde, parfois trois, quatre ou cinq jeunes femmes simultanément ».

Pour l’« ordinaire » de Bonaparte, Duroc, son aide de camp et son confident quinze ans durant, sert d’entremetteur. Les belles sont amenées dans une chambre adjacente à son bureau des Tuileries. Duroc les introduit en secret, leur demande de se déshabiller et de se glisser sous les couvertures, afin d’être prêtes dès l’instant où Bonaparte aura terminé sa journée bien harassante. Un soir, alors qu’il travaille dans son cabinet, Mlle Duchesnois, belle et coquette actrice de théâtre, lui rend visite. Constant, valet de chambre de l’empereur, gratte à la porte et s’entend dire : « Qu’elle attende. » Il revient plus tard : « Sire, on s’impatiente ! » « Qu’elle se déshabille et qu’elle se couche ! », lance alors Napoléon. Vers minuit, Constant de nouveau insiste : « Sire… » Alors l’empereur, toujours absorbé par son travail, ordonne : « Qu’elle se rhabille et s’en aille ! ».

Maîtresse en titre d’Hitler, Eva Braun jouit de sa confiance totale, même si elle apparaît rarement en public à ses côtés. Le chef des commandos d’Hitler, Otto Skorzeny, rapporte une conversation dans laquelle Eva lui confie : « II n’enlève même pas ses bottes et il arrive que nous ne nous mettions même pas au lit. Nous nous couchons par terre. Par terre, il est très érotique. » Hitler encourage Eva à se promener toute nue chez lui, en insinuant qu’elle a l’air d’avoir « trop chaud tout habillée ». À la campagne, Hitler insiste pour qu’elle nage ou prenne ses bains de soleil nue, et en profite pour la photographier sous tous les angles, surtout les fesses. Il affirme que cet angle particulier est nécessaire pour qu’on ne la reconnaisse pas, au cas où les photos tomberaient en « de mauvaises mains ».

Louis XIV, bel homme, impressionne par sa prestance et son élégance, malgré sa petite taille (1,65 m). C’est un charmeur athlétique, plein d’esprit, assorti d’un amoureux infatigable. La tradition, à la cour royale, veut qu’une grande dame, complaisante et d’âge mûr, se charge de l’initiation sexuelle du jeune prince. La mère du roi, Anne d’Autriche, craint qu’une mauvaise rencontre ne convertisse son fils à l’homosexualité, le « vice d’Italie ». Aussi charge-t-elle de cette mission l’une de ses dames d’honneur, la baronne de Beauvais, surnommée « Cathau la Borgnesse » car elle a perdu un œil. Ardente et expérimentée, celle-ci s’acquitte de cet honneur avec beaucoup d’habileté. Un jour, ayant trouvé le jeune roi errant seul dans les couloirs du Louvre, elle se jette sur lui et lui met la main dans la culotte, sans lui laisser le temps d’hésiter. Il a 15 ans, elle, 42 ! Mme de Beauvais l’entraîne aussitôt dans sa chambre et fait de lui un homme… Les jours suivants, Louis XIV retourne chez Mme de Beauvais, dont le tempérament de feu satisfait pleinement son ardeur juvénile. En récompense, l’initiatrice reçoit le magnifique hôtel de Beauvais situé dans le Marais, à Paris.

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Article par Jean-Pierre de Lucovich
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