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écrit le 6 décembre 2018
modifié le 10 décembre 2018

Manufacture IWC : Le Temps des Architectes

Novatrice et fonctionnelle, la nouvelle manufacture IWC à Schaffhouse épouse l'air du temps sur 13 500 m2, avec des bâtiments conçus en harmonie avec la nature.

Le nouveau vaisseau amiral de la production IWC combine les atouts d'une structure high-tech et d'une vitrine sur la marque.


Le nouveau vaisseau amiral de la production IWC combine les atouts d'une structure high-tech et d'une vitrine sur la marque.

IWC a décidé de réunir sous un même toit ses opérations d’usinage des composants, de pré assemblage, d’assemblage des mouvements et des montres. Inaugurée fin août, la nouvelle manufacture a une mission claire et essentielle. De la matière première, servant à l’usinage des boîtiers, au contrôle de marche par les horlogers, épaulés de machines novatrices et sophistiquées, tout a été pensé avec homogénéité.

Christoph Grainger-Herr, CEO d’IWC et architecte.

L’ensemble prend place dans un vaste bâtiment moderne, bâti en lisière de forêt à la sortie de la petite ville de Schaffhouse. Après un siècle et demi d’activité, il était temps de voir plus grand. Implantée depuis 1868 au coeur de la ville, l’International Watch Company, fondée en Suisse par l’Américain Florentine Ariosto Jones, natif de Boston, élevait ses installations sur les rives du Rhin, pour profiter de la force motrice du fleuve pour ses machines. Une ressource précieuse il y a 150 ans, mais aussi un lien certain avec la nature.

Les nouvelles installations ne dérogent pas à cette philosophie globale. C’est la raison pour laquelle le projet, piloté personnellement par le CEO de la marque, Christoph Grainger-Herr, originellement architecte et designer, a intégré dès le départ une forte dimension éco-responsable. Récupération des eaux de pluie, capteurs solaires, ventilations, matériaux naturels : rien n’a été négligé. Une connivence avec la nature qui a volontairement été mise au service de l’homme, puisque cette nouvelle manufacture a visiblement été pensée pour le bien-être et l’efficacité professionnelle des 238 collaborateurs qui y travaillent.

« L’architecture va beaucoup plus loin que la seule conception d’un objet fonctionnel », souligne volontiers Christoph Grainger-Herr.

« Un bâtiment est un système d’habitat qui influence directement la manière dont les gens y vivent ou y travaillent. Nos employés le surnomment leur domicile professionnel. L’architecture influence leur vie quotidienne et leurs relations sociales. C’est la raison pour laquelle un architecte doit comprendre comment les hommes se comportent et interagissent les uns avec les autres ». Les espaces de vie, comme la cafétéria bio et sa terrasse panoramique ouvrant sur la nature, ainsi que les zones de circulation ont été tout aussi soigneusement pensées et aménagées que les parties dédiées à la production.

Chaleureux et luxueux à la fois, le vaste hall d’entrée de 9 mètres de haut témoigne d’une recherche d’art de vivre.

EN TOUTE TRANSPARENCE

Si en Suisse le secret bancaire n’est plus, le mystère qui entourait les horlogers tend à se dissiper. IWC a décidé de jouer la carte de la transparence. Non seulement dans la construction elle-même, mais aussi dans l’ouverture aux visiteurs de ces installations nouvelles. Dès le premier regard, la luminosité d’ensemble frappe l’œil. « Les surfaces vitrées et leurs profilés noirs contrastent nettement avec les avant-toits blancs lumineux en surplomb, comme c’est le cas sur beaucoup de nos cadrans, tient à souligner le CEO d’IWC. Le cœur en bois du bâtiment et les sols en pierre chauds donnent un sentiment de chaleur et de luxe. Le cœur chaud de la manufacture est enveloppé par l’atmosphère plus froide des salles de production, quasiment comme celle des laboratoires.

Cette coexistence d’un style de vie luxueux et d’une ingénierie précise exprime très bien ce que représente la marque IWC ». Des mots qui ne permettent aucune ambiguïté. Cet outil de production est aussi un outil de communication. Le « Manufakturzentrum », selon la dénomination officielle du vaste bâtiment de 13 500 m2 au sol, érigé en un temps record de 21 mois, est un vaisseau amiral gréé comme une vitrine, pour permettre une plongée complète au cœur de la marque. Des circuits de visites sont déjà prévus pour accueillir clients et passionnés venus du monde entier.

Rigueur, netteté, luminosité et transparence dominent dans les parties dédiées à la production. Des valeurs en lien avec l’identité des montres IWC, comme cette Portugieser Tourbillon Force Constante, édition limitée pour le 150e anniversaire de la marque. IWC entraîne ses visiteurs au cœur de la conception et de la production en jouant sur la transparence.

ÉGALEMENT CONÇUE POUR ACCUEILLIR DES VISITEURS, LA NOUVELLE MANUFACTURE PROPOSE UN PARCOURS DIDACTIQUE.

Si les anciens bâtiments, en ville, toujours en activité, abritent le musée de la marque, l’immersion complète se fait désormais ici, avec des systèmes de micro-caméras permettant d’assister sur des écrans aux phases internes des machines à des moments clés de l’usinage ou de la naissance de la montre et à des ateliers pratiques intégrés. Des allées vitrées permettent même de longer les ateliers organisés comme des salles blanches, dans des conditions similaires à celles de la production de puces informatiques afin d’éviter toute contamination à la poussière, avec un système de purification de l’air capable de brasser 50 000 m³ d’air par heure.

« C’est la première fois que nous poussons le concept si loin chez IWC, précise même Andreas Voll, directeur des opérations d’IWC. Les amateurs de montres peuvent même procéder eux-mêmes au perlage de pièces ou au sertissage de pierres. Cela permet de se faire une idée précise de la concentration, de la patience et de la dextérité dont nos spécialistes doivent faire preuve dans leur travail quotidien. » De quoi faire rêver les amateurs et convertir les indécis. Si le rêve n’a pas de prix, de telles installations ultra-modernes sont aussi le fruit d’un investissement conséquent pour la marque du groupe Richemont, avec des travaux officiellement estimés à 42 millions de francs suisses. La modernisation de la marque suisse, dont le rayonnement international est grandissant, passait par un tel choix stratégique.

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Article par Frédéric Brun
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