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écrit le 8 juillet 2019
modifié le 22 juillet 2019

Rester chic quand il fait chaud

Lorsque le mercure monte, l’important, c’est de respirer. Vous, mais surtout les tissus que vous portez. Exit le tweed, le cachemire et le coton dont le tissage serré tient finalement trop chaud. Place aux matières légères dont l’armure laisse circuler l’air. Et après ? On se laisse aller, le style au vent et la silhouette au frais.

Costume Nuvola, veste 3 boutons non doublée en coton et lin stretch, Manuel Ritz.


Costume Nuvola, veste 3 boutons non doublée en coton et lin stretch, Manuel Ritz.

LE SEERSUCKER

Pourquoi c’est bien ?

Mélange de coton et de soie ou 100 % coton, il est ultra léger et aéré. Sa structure gaufrée due à un tissage du fil alternant tension lâche et tension forte, fait qu’il ne colle pas à la peau.

L’air circule, ce qui permet à la chaleur de s’évacuer. Il est aussi très facile à vivre : il ne froisse pas (il l’est déjà), ne se repasse pas et peut être lavé à l’infini. Le rêve. Le traditionnel est bleu et blanc, mais on trouve aussi un vert, un rouge ou un jaune. Certains créateurs le déclinent aussi désormais dans toutes sortes de coloris et même à motifs carreaux.

Inconvénients ?

Aucun. Ce tissu « crépon » est idéal pour l’été.

Pour la petite histoire ?

Il a été découvert (lui aussi) par les colons anglais en Inde au XVIIIe siècle. Son nom vient de « shiru shakar » qui signifie en persan « lait et sucre », métaphore évoquant ce mélange de texture à la fois douce et crêpée. Dans les années 20, aux USA, les étudiants de la Ivy League l’adoptent pour marquer leur différence sociale et aussi pour se rebeller contre le conservatisme de papa. Puis, il deviendra, et encore aujourd’hui, le symbole du chic preppy. À noter que le « Seersucker Thursday », la tradition instaurée par les sénateurs sudistes, perdure. Ainsi, chaque année en juin, tout le congrès américain est invité à s’habiller en seersucker.

Les bonnes adresses ?

Wicket, Hackett, Crémieux, Ralph Lauren, Tommy Hilfiger, Gant, Brooks Brothers, Thom Browne, Artling.

Découvrez le Short de bain Porfirio de coast Society en seersucker dans la Boutique de Monsieur en cliquant juste ici.


LE LIN

Pourquoi c’est bien ?

C’est la fibre naturelle la plus légère et respirante. Le lin est capable de retenir une masse d’eau au moins égale à sa masse sèche. En clair, mieux encore que le coton, il retient la transpiration. Il est aussi un excellent régulateur thermique : s’il garde au frais, il maintient aussi au chaud.

D’où l’intérêt d’un chèche en lin pour les petites brises estivales. Il est aussi très résistant et enfin à la fois hypoallergénique et antibactérien. Bref, que du bonheur. On choisit des teintes pastel pour les chemises et crème pour les costumes, histoire de ressembler à l’élégant Tom Wolfe. Attention : jamais blanc.

Inconvénients ?

Il se froisse beaucoup. Alors oui, c’est son style, ce côté rustique qui fait des poches aux genoux et qui donne l’impression d’avoir passé 3 jours dans une essoreuse. Mieux vaut choisir des lins mélangés à une autre fibre : à la soie, au coton ou à la laine. La tenue n’en sera que meilleure.

Pour la petite histoire ?

S’il a été découvert par les colons anglais en Inde, aujourd’hui, la France est le plus gros producteur du monde. Cocorico ! La culture du lin s’étend sur la bande côtière allant de Caen à Lille. C’est ici que les meilleures conditions (terroir, climat, etc.) sont réunies pour créer un lin d’une qualité exceptionnelle.

Les bonnes adresses ?

Daniel Lévy (chemises), Massimo Dutti, Artling (en mesure), Loro Piana, Corneliani, etc.

 


LE FRESCO

Pourquoi c’est bien ?

Appelé aussi laine froide, c’est le tissu d’été par excellence. Les fils de laine de son armure toile sont torsadés, ce qui la rend « ouverte », facilitant ainsi la circulation de l’air. Le fresco est un des tissus qui respire le mieux. Une propriété confirmée par son aspect translucide lorsqu’on le présente à la lumière.

C’est pourquoi une doublure n’est pas toujours superflue. Résistant, il est en plus doté d’une grande nervosité qui favorise un tombé impeccable du costume. Attention toutefois à ne pas le choisir trop fin. Plutôt qu’un « high-twist » (super fin, 250 g), préférez un « two-ply » (300 g) ou un « three-ply » (env. 400 g). Autre atout : il est infroissable, ce qui explique pourquoi il est tant plébiscité par les globe-trotteurs.

Inconvénients ?

Il en a peu, à part un toucher rêche dû aux torsions des fils.

Pour la petite histoire ?

En dépit de son nom italien qui signifie « frais », ce sont les Anglais (encore !) qui l’ont inventé. Précisément J&J Minnis qui appartient désormais à la prestigieuse manufacture anglaise de tissus Huddersfield Fine Worsteds. Mais aujourd’hui, bon nombre de drapiers le proposent dont Vitale Barberis Canonico.

Les bonnes adresses ?

Brunello Cucinelli, Ermenegildo Zegna, Lanieri et Cifonelli (en mesure).


LE MOHAIR

Pourquoi c’est bien ?

De la laine en été ? Et oui, à condition d’être tissée de manière à laisser passer l’air comme le mohair, le poil de la chèvre angora. Souvent, on entend parler de « mohair alpaga ». Pourtant, il s’agit bien de deux laines différentes. Aujourd’hui, le premier a remplacé la seconde, très utilisé dans les années 60.

Si le mohair est isolant en hiver, il reste frais en été grâce à ses propriétés absorbantes de l’humidité. Il a le brillant et le toucher « sec » de la soie ce qui le rend rigide donc infroissable et agréable lorsqu’il fait chaud. Le « kid mohair » (première tonte de l’animal) est encore plus fin, léger et aéré. Souvent associé à la laine, il se marie aussi avec le lin.

Inconvénients ?

Son aspect soyeux peut déplaire. Les mélanges mohair sont d’ailleurs souvent utilisés pour les costumes de cérémonie.

Pour la petite histoire ?

Le mohair – du nom arabe mukkayar, « le choix » en français – trouve ses origines en Turquie au cœur de la province d’Ankara (anciennement nommé Angora). Dès le XIe siècle, c’est sur les plateaux de l’Anatolie que venaient paître ces petites chèvres. Leurs toisons, un duvet extraordinairement fin, étaient réservées pour concevoir les vêtements des sultans. On l’appelait aussi le diamant des fibres.

Les bonnes adresses ?

Scabal, Boggi Milano, Lanieri (en mesure), etc.

Costume à motif rayures en laine et mohair, tissu Viatle Barberis Canonico, Lanieri.


LE SOLARO

Pourquoi c’est bien ?

Il s’agit d’un tissu en laine ou en coton fabriqué par la firme anglaise Smith & Co. Woollens Ltd. qui en a déposé la marque. Ce sont les seuls à le fabriquer même s’il est possible de le trouver chez les tisseurs Vitale Barberis Canonico ou Drappers. On reconnaît l’original à son étiquette rouge sur fond blanc.

Il possède une armure dite « ouverte » laissant passer l’air. Beige, à motifs chevrons, sa grande particularité est son fil de trame rouge reflétant la lumière qui lui donne cet aspect chatoyant.

Inconvénients ?

Il change de couleur en fonction de l’intensité lumineuse, ce qui ne le rend pas facile à porter. Seuls les vrais connaisseurs osent le costume en solaro à la manière des élégants italiens des années 60. S’il est doux et peu froissable, il reste un tissu lourd se rapprochant de la gabardine, donc peu recommandé lorsqu’il fait très chaud.

Pour la petite histoire ?

Comme pour le lin et le seersucker, ce sont les Anglais qui, du temps des colonies britanniques, l’ont inventé. En étudiant les pigments de la peau des « indigènes » face au soleil, le professeur Louis Sambon de la London School of Tropical Medicine le mit au point : il réalisa un tissu capable de neutraliser les rayons UV et de dissiper la chaleur. Le secret : un fil de trame rouge.

Les bonnes adresses ?

Très peu demandé, on ne le trouve qu’en sur-mesure : Wicket, Cifonelli, Djay, Cesare Attolini.


L’ANTI-CANICULE

Pourquoi c’est bien ?

Parce que cette «Light Jacket » est aussi légère qu’une chemise, stretch, respirante et non doublée tout en gardant une tenue. Elle a été entièrement entoilée avec un nombre de toiles réduites et un padding affiné.

Mise au point par éclectic, elle est conçue dans un sergé ultra-fin composé de fibres de viscose et de 4 % d’élasthanne pour l’aisance des mouvements. C’est « la » veste à porter pour rester élégant lorsque le thermomètre grimpe démesurément.

Inconvénients ?

Aucun. On oublierait presque qu’on la porte.

Pour la petite histoire ?

Depuis 2011, Franck Malègue innove en faisant cohabiter construction artisanale et matières high-tech souvent issues de l’activewear. Pourvu qu’il fasse chaud cet été !

Les bonnes adresses ?

Une seule : éclectic


LA FLEUR DE LOTUS

Pourquoi c’est bien ?

Unique, c’est la vigogne estivale. Loro Piana est allé chercher sa fibre de fleur de lotus sur les rives du lac Inle en Birmanie. Et pour cause : c’est le dernier endroit au monde où on sait la produire. Extraite des tiges de la plante aquatique, elle doit être filée dans les 24 heures qui suivent sa récolte sinon elle se détériore.

De couleur grège, le tissu qui en résulte a le même côté irrégulier que le lin. Mais, s’il est aussi léger et respirant que lui, il est infroissable. C’est la fine fleur de l’été.

Inconvénients ?

Son prix très élevé. Pour créer un mètre de tissu, il faut 32 000 tiges. Comptez environ 4 000 € pour une veste.

Pour la petite histoire ?

Le lotus est la fleur de Bouddha. Pour le cultiver, les artisans doivent respecter les règles du bouddhisme (ne pas boire d’alcool, ne pas tuer, ne pas mentir, ne pas voler, ne pas avoir une sexualité débridée). Pendant la semaine qui précède les récoltes (qui ont lieu de mai à juin), ils font des offrandes pour remercier le lac et Bouddha de la future récolte.

Les bonnes adresses ?

Une seule : Loro Piana. Mais vous trouverez ce tissu chez les plus grands tailleurs.

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Article par Hélène Claudel
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