Conseils > Comment bien s’habiller
écrit le 27 février 2019
modifié le 13 mars 2019

Transgresser les codes

De l’audace vestimentaire oui ! Mais elle doit être le fruit d’une connaissance parfaite des codes pour pouvoir mieux les détourner. Regardez Brummel ou le duc de Windsor. Leur secret ? La maîtrise du vêtement.

©Illustration Dominique Lelys

Du milieu du XIXe au début du XXe siècle, l’homme obéissait à des règles vestimentaires strictes. Il faudra attendre l’audace d’un Brummel ou d’un Wilde pour malmener les conventions. Puis Edouard VIII, futur duc de Windsor, arriva avec ses costumes ajustés, ses vestes de tweed ou ses costumes 3 pièces en prince-de-galles, ses pantalons de golf « plus-4 » porté sur des pulls à motifs…

Les dandies de l’époque, d’Annunzio en tête, se firent confectionner des pièces qui affolèrent la bourgeoisie. Cocteau porta des vestes courtes et retroussa ses bas de manches toutes boutonnières défaites. Hemingway osa des chemises chamarrées avec des sahariennes pour pêcher au gros, et Cary Grant se promenait, sur la Côte d’Azur, pantalon blanc, chemise ouverte sur un simple foulard noué.

L’harmonie dans la nouveauté

L’extravagance d’hier, arborée par des hommes qui connaissaient parfaitement l’usage du vêtement, se retrouve aujourd’hui dans nos villes, mais les audaces contemporaines n’obéissent plus à des fugues inspirées d’un thème classique. La volonté de se distinguer passe souvent par le contraste des matières et des formes sans se soucier de la morphologie ou de la qualité.

Or il existe un vocabulaire permettant de s’exprimer avec talent, la chose essentielle étant l’harmonie même dans la nouveauté, à l’instar du publicitaire Alain Weill et ses souliers à pointe de rhinocéros, ses costumes bleus électriques et ses montres made in Hong Kong. Ainsi, s’il semble évident de prendre le meilleur cachemire pour commander une veste sur-mesure, les matières « pauvres » comme un tissage rustique (si tant est qu’il soit de qualité pour tenir le choc des ans) ou une couleur rare ne doivent pas effrayer !

De plus en plus de tailleurs proposent des pièces de sportswear uniques : vestes Norfolk revisitées, british warms en whipcord ou, pour l’été, parkas de lin ou coton avec lesquels chacun pourra composer les détails selon ses besoins, d’un zip sur la manche ou d’une poche intérieure d’un format spécifique, l’originalité naissant de l’usage qui n’appartiendra qu’à son possesseur.

À l’heure où la cravate perd de la vitesse, il ne faut pas hésiter à porter un noeud papillon, accessoire d’autant plus raffiné s’il est porté nonchalamment dénoué. Quant à la ceinture de smoking (cummerbund en anglais), elle est le terreau idéal pour l’outrance, du moment que l’on aura veillé à ne pas l’assortir à la pochette… qui pourra être de n’importe quelle couleur, sauf blanche.

La tradition devient fantaisie

Vous ne voulez plus porter de cravate ? Qu’à cela ne tienne ! L’été, faites-en une ceinture sur un pantalon de toile ou sur un jeans, retroussez les bas de pantalon et les revers de manches (pas jusqu’au coude, n’est-ce pas), et n’hésitez pas à orner votre revers d’une montre-boutonnière qui disparaîtra dans la poche poitrine.

Ne craignez pas les pochettes colorées et trouvez des matières rares : shantung ou fil de bouche que l’on peut encore trouver en « new old stock »… Recherchez des pièces rares qui ne pourront pas être identifiées par un logo (le vrai luxe étant celui qui ne s’affiche pas). Enfin, il n’y a rien de plus exquis que d’imaginer des souliers sur-mesure aux détails personnalisés : l’imagination sera le meilleur moteur de votre distinction.

Par ailleurs, attention aux bijoux qui, portés avec excès, pourraient produire le contraire de l’effet désiré. Enfin, à l’heure où l’on peut tout mélanger sans risquer de passer pour mal habillé, votre distinction pourra s’exprimer, comme le Prince Charles, par l’observation pure et simple des codes vestimentaires où, par un curieux retournement des choses, l’élégance traditionnelle peut avoir l’air d’une fantaisie…

Quels que soient vos choix, il ne faut pas oublier trois règles essentielles : que le vêtement « hors norme » soit adapté à votre morphologie pour compenser votre audace ; que le détail, s’il n’est pas qu’ornemental, ne soit pas gratuit et obéisse à vos besoins réels, et enfin que jamais, dans votre allure qui devra paraître naturelle, l’on puisse penser que vous ne l’avez pas fait exprès !

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Article par Dominique Lelys
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