écrit le 11 octobre 2017
modifié le 30 novembre 2017

Vitale Barberis Canonico : l’étoffe des grands

Depuis plus de 350 ans, la filature familiale piémontaise rayonne dans le monde grâce à la qualité de ses tissus et son inventivité. Elle fournit les tailleurs les plus prestigieux de la planète et les grands noms de la mode masculine.

Le directeur de création, Francesco Vitale Barberis Canonico, 13e de la génération (quand même).

Pour les tissus les plus beaux du monde, demandez Vitale Barberis Canonico. Une pépite de l’industrie textile italienne née dans les montagnes piémontaises (près de Biella, le berceau des tissus transalpins), il y a plus de… 350 ans. Et toujours aux mains de la même famille. Fait assez rare pour être souligné. Les fameuses flanelles d’Agnelli, c’était elle. Et le barathea des smokings du duc de Windsor aussi. Plus de 30 variétés de tissus d’habillement sortent de cette filature. Sans parler des laines, qui du super 100’s au super 200’s, comptent celles parmi les plus fines du monde. Ce n’est pas un hasard si VBC (abréviation des connaisseurs) approvisionne les plus grands tailleurs de la planète (comme la maison Cifonelli) mais aussi de nombreuses maisons de mode, dont de très créatives comme l’excentrique Paul Smith. Regardez à l’intérieur de votre veste, il y a de forte chance pour qu’elle en soit elle aussi.

Nouveautés 2016 : la laine 21 microns volontairement non fine, élastique et nerveuse pour un tissu infroissable.

Si la maison est tricentenaire, elle n’est pas pour autant endormie. Génération après génération, elle a construit un outil industriel qui a su se renouveler et rester à la pointe de la technologie. Idem pour ses collections. Le directeur de création Francesco Barberis Canonico (13e de la génération) est toujours juste, dans l’air du temps, sans jamais négliger l’aspect pratique de l’étoffe. Il soigne autant le style que le confort. Exemple avec la collection Icons qui répond parfaitement aux attentes du gentleman moderne. Les rayures tennis légèrement bleutées du Perennial, une laine super 110’s, s’adapteront à toutes les circonstances et à toutes les saisons. Le prince de galles Revenge est, quant à lui, un super 150’s tissé en double twist (avec plusieurs plis dans la chaine et dans la trame). Résultat : un tissu consistant qui ne froisse pas, et qui offre un contraste chromatique plus profond. Le Greenhills, produit à partir des laines de la ferme du même nom au sud de l’Australie, est un mérinos super 160’s, doté d’une main veloutée et naturelle, d’un effet de mouvement que les élégants apprécieront.

VBC excelle aussi dans le mohair, ce tissu provenant de la chèvre angora que la maison sélectionne en Afrique du Sud. La filature le mélange et le file à la laine. C’est le Wool & Mohair, un grand classique qui offre toutes les vertus du mohair : légèreté, résistance, infroissabilité. Autre must have du vestiaire : un costume croisé en Original Woollen Flannel histoire de marcher sur les pas de l’Avvocato. Avec le tissu Superbio, la maison tient aussi à rappeler son éthique, sa responsabilité dans le processus de création. Ce n’est pas tout de fabriquer de beaux tissus. Encore faut-il respecter les animaux et l’environnement. Le Superbio traduit aussi un savoir-faire puisqu’il est issu d’un tissage Batavia (chaque fil passe au-dessus et en dessous de deux fils opposés). Très classique, il imposera son charme discret dans chaque situation.

Contre la course aux chiffres et aux tirages exclusifs, la maison vient de lancer sa laine 21 microns. Le drapier a osé remettre au goût du jour des standards classiques de qualité en utilisant des fils plus épais et plus rêches qui donnent aux tissus caractère et durabilité. Autant dire qu’il n’y aura aucun faux pli. Une laine ordinaire dont les caractéristiques font penser aux plus fines mais qui n’en sont pas. Ces tissus ont des performances techniques extraordinaires et pourtant ils sont baptisés Super Nothing. Après Super Bio, la maison fait encore un pied de nez aux chiffrages des super 100’s et compagnie. Savoir s’affranchir des règles, aller à contre-courant, c’est aussi à cela qu’on reconnaît le talent.

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Article par Janis Burton
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