écrit le 25 septembre 2017
modifié le 16 octobre 2017

Karl-Friedrich Scheufele : « je suis très confiant sur l’avenir des manufactures de haute horlogerie qui auront toujours leur place »

Très jeune, Karl-Friedrich Scheufele a eu la vision du développement horloger de Chopard. Retour sur un parcours marqué par la force de ses convictions.

Karl-Friedrich Scheufele, co-président de Chopard, prend le temps de dresser le bilan de 20 ans de créations et d'innovations.


Karl-Friedrich Scheufele, co-président de Chopard, prend le temps de dresser le bilan de 20 ans de créations et d'innovations.

De quand date votre passion pour l’horlogerie mécanique ?
À titre personnel j’ai toujours été attiré par la mécanique, l’artisanat et la tradition horlogère mais c’est lorsque j’ai lancé notre premier calendrier perpétuel en collaboration avec Sven Andersen que s’est produit le déclic à la fois dans la décision de fabriquer des pièces très horlogères et dans la nécessité d’acquérir à terme une indépendance vis à vis des fournisseurs de mouvements. Je dis d’ailleurs merci à M. Hayek (Swatch Group) d’avoir durci ses conditions de livraison de mouvements, c’est cela qui nous a poussé à créer notre manufacture. Acquérir son indépendance industrielle, c’est un pari risqué.

Comment avez vous réussi à emporter la décision de votre famille ?
J’ai une certaine force de conviction et comme je vous le disais M. Hayek m’a aidé. Pour Caroline (sa sœur coprésidente de Chopard, NDLR.), je n’ai pas eu à la convaincre comme elle n’a pas à me convaincre pour la haute joaillerie. C’était l’avenir.

Comment avez vous démarré ?
Au départ, nous pensions que c’était plus simple de procéder à l’acquisition d’une manufacture. À l’époque, j’ai regardé le dossier Lemania mais assez rapidement, j’ai pensé que ce serait plus intéressant de commencer sur une page blanche.

Pourquoi Fleurier ?
Fleurier était à l’époque un centre horloger un peu en perte de vitesse mais Michel Parmigiani y avait ses ateliers et il nous a beaucoup aidé… Beaucoup d’horlogers habitaient dans la région et devaient travailler loin. Quand nous avons ouvert, ils ont vu une grande opportunité de travailler près de chez eux. Une chance pour eux comme pour nous.

Combien êtes vous aujourd’hui ?
Nous sommes 150, la manufacture L.U.C s’étend sur 3 300 m2. En 1996, au démarrage nous étions 3…

Combien de calibres avez vous créés ?
En 20 ans, nous avons lancé 11 calibres de haute horlogerie certifiés COSC, poinçon de Genève, et un grand nombre certifiés qualité Fleurier. À partir de ces 11 calibres, nos horlogers ont décliné 87 versions.

Lequel est votre favori ?
Ce n’est pas le plus compliqué mais tout simplement le premier le L.U.C 96.01.L. J’y suis très attaché symboliquement et je porte souvent cette pièce qui me rappelle qu’elle a été notre porte d’entrée en haute horlogerie. J’ai aussi une affection particulière pour la L.U.C 150 All in One véritable prouesse de nos horlogers comme la L.U.C triple certification tourbillon.

Comment voyez-vous l’avenir ?
Même si nous traversons en ce moment ce qu’on pourrait appeler une « perfect storm », je suis très confiant sur l’avenir des manufactures de haute horlogerie qui auront toujours leur place.

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Article par François-Jean Daehn
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