écrit le 3 août 2020
modifié le 16 septembre 2020

en mode slow

Depuis plusieurs années, la mode est en mutation « green ». Une bonne nouvelle pour la planète mais aussi pour notre style. Désormais, on peut s’habiller élégant et éco-responsable. La preuve, en images.

COSTUME « CRUELTY FREE ». Alternative à la laine, au cachemire et aux matières animales avec ce costume Hugo Boss entièrement végétal. © Hugo Boss


COSTUME « CRUELTY FREE ». Alternative à la laine, au cachemire et aux matières animales avec ce costume Hugo Boss entièrement végétal. © Hugo Boss

Ce n’est pas un scoop : la mode pollue. Si le virus a accéléré la prise de conscience, fort heureusement, les maisons et créateurs n’ont pas attendu une pandémie mondiale pour se remettre en cause. La mode est la deuxième industrie la plus polluante après le pétrole.

Elle émet plus de 1,2 milliard de tonnes de gaz à effet de serre (soit 8 % des émissions de la planète) et produit chaque année plus de 80 milliards de vêtements, soit 53 millions de fibres textiles dont 70 % finissent détruits ou à la benne*.

Depuis quelques années, le développement durable est l’obsession des grands groupes comme des maisons indépendantes. Certaines se sont même créées sur ces valeurs éthiques.

C’est le cas de Stella McCartney, pionnière du luxe « vegan », des baskets Veja, mais aussi de maisons plus jeunes comme Forlife et « ses vêtements pour la vie », AllBirds, les tennis de la Silicon Valley en laine mérinos et eucalyptus, 1083 et ses jeans en coton bio confectionnés à moins de 1 083 km ou encore le label parisien Noyoco qui regroupe plusieurs marques dites « sustainable », sorte d’incubateur d’entreprises éco-responsables.

Noyoco fabrique aussi ses propres vêtements à partir de « deadstock », des tissus issus de surplus de production ou de fins de stocks.

« La meilleure manière d’être éco-responsable est de ne pas créer de matière supplémentaire, explique Louis Goulet son fondateur. Cela conduit à moins d’engrais, de pesticides, moins d’eau consommée, de CO2 émis et moins de déchets sur Terre. »

Aujourd’hui, plus encore qu’hier, comme le rappelait Barbara Coignet, fondatrice de l’agence 1.618 spécialisée dans le luxe durable, « une marque qui souhaite continuer à être créatrice de rêve, n’a pas d’autre choix que de faire du bien, de protéger la planète et de s’inscrire dans la durée. »

En clair, pour être désirable, il faut être vertueux. Les marques l’ont bien compris et désormais, le mot « slow fashion » est sur toutes les lèvres. C’est l’ère du « moins mais mieux » où « acheter » est devenu un acte engagé. Une bonne nouvelle, car on peut s’habiller écolo et bien à la fois, loin de l’image du hippie qui aurait fait tricoter son gilet par trois grands-mères au fin fond du Larzac.

Chaque marque y va donc de sa contribution, parfois de façon plus ou moins sincère, le slow étant autant une lutte écologique qu’un argument commercial. Alors, on nous invite à réparer nos habits usagés (Patagonia), à repriser nos vêtements préférés (Home Core), à acheter des pièces avec un défaut, des pièces « à l’imparfait » (Figaret) et des souliers déjà portés (Weston Vintage).

On s’intéresse à « l’upcycling », à la transformation de vieux vêtements en pièces furieusement tendance (Ornement, La Draft Paris). On pense « cruelty free » avec des marques qui développent des alternatives aux matières animales comme Hugo Boss qui a récemment lancé son premier costume 100 % vegan, Ferragamo qui utilise la fibre d’oranges pour remplacer la soie ou Le Coq Sportif le moût de raisin, pour le cuir de ses baskets (!?).

LES ORTIES D’HIGHGROVE

Des matières écolo dont la production ne nécessite pas de pesticides, peu d’eau comme le coton bio (certifié GOTS), le lin, le chanvre, le tencel ou… les orties. Demandez au prince Charles. L’année dernière, il a mis à disposition de Vin + Omi les orties du jardin de sa résidence de campagne. D’après les stylistes anglais, « le tissu donnait l’impression d’être de la laine d’alpaga. »

Et en plus, Highgrove était désherbé ! Surtout on recycle. On recycle les vieux pneus en semelles de baskets (OTH), les vieilles chaussettes en pull-overs (Chaussettes Orphelines), les filets de pêches en maillots de bain (Hopaal) et les bouteilles en plastique en à peu près tout.

Le fameux PET (abréviation de polytéréphtalate d’éthylène – du plastique quoi) que l’on repêche en mer, devient des pulls, des sweats, des polaires, des maillots de bains, des polos, des vestes, des lunettes, des montres, des valises… C’est qu’avec plus de 150 millions de tonnes de déchets plastiques qui flottent dans nos océans, on a de quoi en fabriquer des vêtements pour habiller la planète…

Mais que ça ne soit pas une raison d’y jeter votre masque… Les plages du monde entier en seraient déjà infestées d’après Laurent Lombard, le fondateur de l’Opération Mer Propre. Et d’ajouter: « Sachant que plus de deux milliards de masques jetables ont été commandés, bientôt il risque d’y avoir plus de masques que de méduses dans les eaux de la Méditerranée ».

© Illustrations T-H.H.

*Chiffres : Fondation Ellen MacArthur


NOTRE SÉLECTION DE PRODUITS SLOW POUR CET ÉTÉ

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Article par Hélène Claudel
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